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Billet de blog 13 avril 2011

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Mort d’un président

Hier soir, j'ai vu sur la 3, un très beau film.Ce film, «Mort d'un président», était pourtant un pari fou: faire revivre une page de notre passé récent à travers une fiction alors que bon nombre des protagonistes vivent encore. Comment faire jouer à des acteurs des personnages qui hantent encore nos écrans et occupent les journaux, sans que cela ne tiennent de la caricature ?

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Hier soir, j'ai vu sur la 3, un très beau film.

Ce film, «Mort d'un président», était pourtant un pari fou: faire revivre une page de notre passé récent à travers une fiction alors que bon nombre des protagonistes vivent encore. Comment faire jouer à des acteurs des personnages qui hantent encore nos écrans et occupent les journaux, sans que cela ne tiennent de la caricature ?

Les acteurs étaient plus que parfaits, habitant leur rôle avec une vérité et une sobriété telles que l'histoire en soi avait sa cohérence et gardait toute sa puissance évocatrice.

Merci à Pierre Aknine d'avoir osé un tel pari.

Merci, parce que beaucoup de citoyens comme moi étaient à l'époque trop occupés à tenter de mettre en place dans la vie quotidienne les acquis de 68 pour s'intéresser vraiment à ce qui pouvait se passer dans les hautes sphères du Pouvoir. Nous n'en avions que des échos très lointains et filtrés, mais le personnage de Georges Pompidou apparaissait suffisamment apaisant pour ne pas créer de vagues. J'étais loin d'imaginer le drame qui se jouait là-haut.

Merci à tous ceux qui ont concouru à la réalisation de ce film « Mort d'un président » car grâce à lui, Georges Pompidou, pour moi, est devenu quelqu'un.

Le titre de mon précédent billet, « La rage du Pouvoir » évoquait plus les événements actuels que ceux du passé. Or ce film m'apprend que si Georges Pompidou a tenté si héroïquement, jusqu'au dernier moment, de rester au pouvoir, c'était parce qu'il connaissait l'acharnement des vautours qui, tout en savourant de fines cuvées, tournoyaient autour du moribond qu'il était, et se déchiraient pour placer leur poulain.

Lors de la discussion qui suivit le film, Madame Garaud put dire normalement sa colère, et tout le mal qu'elle pensait de ce document.

Il est facile de la comprendre.

Ce film renvoyait d'elle et des siens, les conseillers et intrigants de cour, l'image insupportable de ces gens qui jouissent d'autant plus du pouvoir par procuration, qu'ils agissent en coulisse. Ils peuvent contempler avec mépris la masse des citoyens-enfants qui s'excitent face à un spectacle dont ils tirent les ficelles. Les puissants, ce sont eux. Le peuple, manipulé lui-aussi, ne peut que cautionner.

Ainsi fonctionnerait donc notre démocratie ?

Quelles intrigues mijotent les clans, cercles, tribus, qui aujourd'hui montent à l'assaut de l'Elysée, piétinant allégrement la dépouille agitée de soubresauts d'un président à l'agonie.

Qui soutenir parmi ceux qui ont le culot d'annoncer qu'ils prennent rang parmi les candidats ?

« Mort d'un président » nous permet d'imaginer la violence mortifère de ceux qui, aujourd'hui, doivent s'étriper là-haut. Pas sûr que ce soit dans l'intérêt de la France, et de nous tous, les petits, qui pourtant la faisons, cette France.

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