Etre Président de la République française ne s’improvise pas.

 

Bardé de conseillers, Emmanuel Macron va devoir décider selon les directives imposées par son Maître. Quoi de plus simple en principe : il suffit de demander à sa troupe de députés largement majoritaire de promulguer des lois favorables aux riches que le Sénat, traditionnellement de Droite, devrait  entériner. La population habituée à de telles manœuvres mouftera d’autant moins que la hausse du carburant imposée est estimée infinitésimale pour la plupart des citoyens.

Sauf que quelques centimes dépensés en plus pour ceux dont la voiture gourmande compromettent leur survie. Un sou de plus à trouver reste un trou en fin de mois qui pose une question vitale. Alors pas d’accord !

Et les très pauvres parmi les pauvres se rebiffent et endossent un gilet jaune pour dire leur colère. Leur manifestation est digne, ils ne mendient pas, simplement ils expliquent. Beaucoup des gens modestes, ou même de plus riches, s’étonnent. Ils découvrent  la vraie extrême pauvreté. A ce point-là ! Ça, il ne le savait pas, et ils sympathisent, jusqu’à endosser un gilet canari. Un vaste mouvement de solidarité s’organise qui fait chaud au cœur.

Mais voilà, une personne pour qui une seconde perdue ne se retrouve jamais, ne supporte pas d’être ralentie et s’ouvre un passage dans la foule, écrabouillant quelqu’un.

Cette mort est une aubaine pour le Gouvernement : Ces miséreux non seulement sont pauvres mais ils sont inconséquents, voire criminels, et tentent de nous rendre responsables de cette mort, de nous culpabiliser. Le comble ! Interdisons ces rassemblements, obstacles à la vie économique du Pays.

Désormais les relations se tendent entre gilets jaunes et Gouvernement. Macron, dont l’effigie dansait au bout d’une corde a vu la mort en face, et durant pas mal de temps, se cachera, refusant de sortir. Il lancera alors ses troupes armées, causant des morts parmi les manifestants. Il instillera la haine dans les deux camps. Il mutilera à vie beaucoup de citoyens, dont certains simples passants. Il ira jusqu’à se moquer de Genevève Legay, une vénérable militante de 73 ans : « "Je souhaite d'abord qu'elle se rétablisse au plus vite et sorte rapidement de l'hôpital, et je souhaite la quiétude à sa famille".

"Pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable. Je pense que quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci. Cette dame n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre. Elle s’est mise en situation d’aller dans un endroit interdit, de manière explicite, et donc d’être prise dans un phénomène de panique. Je le regrette profondément, mais nous devons, partout, faire respecter l’ordre public. Je lui souhaite un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse."

Pourquoi donc, dans le même esprit, le Président Macron n’a-t-il pas tenu le 29 mars dernier, le même discours au Plateau des Glières, reprochant aux résistants d’avoir abandonné la quiétude de leurs foyers.  "Pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable. Je pense que quand on est fragile, (120 hommes – contre quatre millle, milice comprise) qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci… » aurait pu leur dire aussi le Maréchal Pétain

Ce qui est héroïque en 1944 est méprisable et illégal 75 ans lus tard. Car que signifie, en 2019, d’interdire de manifester à des citoyens en désaccord  avec un gouvernement pourchassant les personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Qui donc est dans l’illégalité si ce n’est Emmanuel Macron, président de la République Française ? Dans quel camp aurait été E.Macron le 26 mars 1944 autour du plateau des Glières.

Certains dits collabos, se sont trompés d’ennemis : 76 tombes de miliciens fusillés à la Libération reposent au Grand Bornand dans un cimetière oublié.

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