Le Président de la République est aussi fiable qu’une planche pourrie

Le constat est violent et signifie qu’on ne peut avoir aucune confiance en cet homme. Cette affirmation serait inadmissible si elle ne reposait pas sur des faits. Or il n’est pas besoin de fouiller très longtemps les archives pour en trouver les exemples. Il suffit d’ouvrir « le Monde » de ce mardi 14 mai, à la page 27, et de lire l’analyse de Franck Johannès (directeur adjoint de la réaction) pour en être persuadé. Le titre de ce papier reprend la parole forte et sans ambiguïté que Maurice Grimaud a prononcé  le 29 mai 1968 alors qu’il était le préfet de police de Paris : « Frapper un manifestant à terre, c’est se frapper soi-même. » Alors que la situation de 68 était infiniment plus explosive que la révolte de Gilets jaunes, M. Grimaud, de par sa compétence, dont son humanité, a su faire de l’événement une réussite au lieu d'un bain de sang.

 Emmanuel Macron ment : Il a affirmé le 7 mars  que les blessures de gilets jaunes n’étaient pas des violences policières. ». Tendance à pratiquer l’humour aux dépends des plus faibles ? Car de qui se moque-t-il ? Car comment appeler ces blessures ? Des câlins ? Des témoignages chaleureux de sympathie ? Des éléments de dialogues ?

Comment donc nommer ce qu’a minutieusement recensé depuis septembre 2018 David Dufresne, journaliste indépendant : « Les 784 signalements, à la date du 9 mai, qui agacent vivement le ministère de l’Intérieur et qui n’ont pas été sérieusement contestés. » « Un mort, touché par un éclat de grenade, 283 blessés à la tête, 24 personnes éborgnés, 5 dont la main a été arrachée…etc…

Suit cette curieuse et très ambigüe injonction : « Ne parlez pas de répressions et de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit. »

Macron veut-il dire que, puisque nous sommes dans un Etat de droit et que dans ce cas de tels agissements y  sont inacceptables, il ne faut surtout pas en parler. Nous devons faire silence comme s’ils n’existaient pas. Taisons ces bavures !

Ou bien encore : Ne parlez pas de ces horreurs. En parler serait reconnaître que nous ne vivons plus dans un Etat de droit !

Emmanuel Macron, théoriquement chef des armées, est un faible sous ses airs d’arrogance, incapable de s’imposer. Il dispose d’une déontologie à géométrie variable et laisse des citoyens se faire massacrer par des policiers-voyous qui masquent leur identité par honte de leur méfaits, ou simplement par lâcheté. Macron cautionne ces exactions et les mensonges de son ministre de l’Intérieur qui affirme le 15 janvier :

« Je ne connais aucun gendarme, aucun policier qui ait attaqué des gilets jaunes. » Mensonge d’Etat gravissime ? Ou simplement sentiment d’impunité, parce que au-dessus des lois tant l’inconsistance de sa majorité lui garantira la prochaine élection.

Macron et son équipe sont vraiment aussi fiable qu’une planche pourrie.

 

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