Ma conclusion. Ayant tenté de comprendre le message envoyé par les « Economistes Atterrés » (Philippe Askenazy (CNRS, Ecole d'économie de Paris), Thomas Coutrot (Conseil scientifique d'Attac), André Orléan (CNRS, EHESS, président de l'AFEP), Henri Sterdyniak (OFCE)) (Sur le Web : economistes-atterres.blogspot.com.)à travers leur manifeste, j’en suis arrivé à découvrir l’importance du facteur économique dans la conduite d’un pays. Je le savais comme tout le monde bien sûr, mais comme beaucoup j’ai laissé ce type de préoccupation aux « spécialistes ». Or, dans ce secteur comme ailleurs, y compris dans celui où j’ai travaillé, les dits spécialistes peuvent se refermer sur des dogmes qu’ils transforment en Vérités premières, si intangibles qu’elles doivent s’imposer à tous. Ainsi il en va de l’économie libérale. Or cet aveuglement peut être destructeur.Même si je n’ai pas tout compris des subtilités de ce manifeste, je crois en avoir saisi l’essentiel : Depuis une trentaine d’années, la finance mondiale s’est progressivement emparée de la substance vitale des pays de la planète, la pervertissant. Elle a inversé les valeurs traditionnelles qui permettaient à chacun de bénéficier des fruits de son travail. Mais non seulement cette finance mondiale a détourné l’essentiel des profits à son usage, plus grave, elle a confisqué aux diverses forces des pays et aux Etats la créativité, le savoir-faire des citoyens pour les mettre au service de projets qu’elle avait seule décidés en fonction de leur rentabilité et souvent au détriment des collectivités.En ce qui concerne la France, je réalise mieux le rôle pervers que Sarkozy a joué. Etait-ce conscient, volontaire ? J’aimerais ne pas le croire. Mais je pense cet homme trop intelligent, (voir l’habileté avec laquelle il s’est emparé du Pouvoir) pour qu’il n’ait pas volontairement et doublement asservi le pays tout entier.Double asservissement ? 1 .Sarkozy a asservi la France au seul dieu en lequel il croit, je pense, le dieu Argent : « Gagner plus ! »Sauf que « le gagner plus » s’adressait non au menu fretin mais à ses amis, ceux du club du Fouquet.Sarkozy, en prenant le pouvoir en France, s’est hissé dans le club sélect de ceux dont la valeur personnelle est estimée en fonction de la masse de leurs richesses. Or ces gens-là qui ont largement contribué à la prise du pouvoir présidentiel, ont voulu en être récompensés. Fastoche ! Il suffit, par exemple, de dispenser les riches d’impôts et de compenser le manque ainsi créé de rentrées fiscales en imposant au peuple de se serrer la ceinture ! Principe premier du gouvernement actuel.2 . Asservie la France ? Oui. Parce que ce qui faisait la richesse, voire la spécificité de ce pays, était la tradition de solidarité et d’entraide, gagnée de hautes luttes et qui tissait sur tout le pays un réseau serré favorisant une douceur de vivre. Mais comme les mesures économiques prises par Sarkozy tendaient à détruire cette ambiance et à provoquer des réactions dans le peuple, un contrôle policier vint coiffer le pays, instillant la méfiance, poussant à la délation, provoquant des violences.Une France asservie, donc, mais aussi du fait de la gestion « libérale » du budget. Le pays, régions, départements, communes, entrepreneurs privés, avaient de tout temps l’initiative de leurs projets, collés au terrain et empreints de bon sens. Les citoyens, élus ou non, se sentaient concernés et mettaient leur science, leur créativité, leurs compétences au service de la collectivité tout en en tirant profit. Et les banquiers, proches de leurs clients et partageant leurs espoirs, finançaient les projets aux meilleures conditions. Aujourd’hui, les technocrates financiers ont évincés les décideurs naturels et ne financent que ce qui leur est rentable, une clinique privée par exemple, au milieu d’une population dense et riche plutôt qu’un petit hôpital en milieu rural, à faible rentabilité financière. Ça coûtera quelques vies et beaucoup de désagréments à la population, « mais madame, c’est la vie, voyons ! Une question de bon sens, le sens du progrès ! »Alors, pour moi c’est clair. Que celui qui, avec d’autres, est responsable de la crise, l’a alimentée et tente une fois encore par quelques tours de passe-passe et du baratin de faire croire qu’il va sauver le monde, qu’en 2012, celui-là, Sarkozy, disparaisse vite de la scène politique et qu’on n’en parle plus !Alors, en 2012, il faudra trouver la personne qui contribuera à créer en Europe une puissance financière autonome au service de la démocratie, et qui, en réinstaurant la confiance, aidera les citoyens à reconstruire une société solide et chaleureuse.Oiseau rare ? Pas sûr. Certes la quantité de malfrats qui ont gravité autour de Sarkozy a fait dire à bien des citoyens « Tous pourris !» et les a détournés de la politique. Mais nous, le peuple, devons nous ressaisir et découvrir parmi la quantité de personnes honnêtes et compétentes celle qui peut nous rendre de nouveau heureux d’habiter ce pays. Nous n’aurons que l’embarras du choix ! C’est décidément pas facile, la démocratie !
Billet de blog 14 août 2011
Espérance
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