J’ai planté un cerisier
J’ai planté un cerisier.
C’est mon acte de foi.
De la foi que cette vie
Ne sera pas anéantie par le feu d’un EPR quelconque
Ou d’une bombe lancée par mesure préventive.
J’ai planté un cerisier.
Un cerisier nain, il est vrai,
Car mon ambition est limitée
Et mon terrain petit.
Mais c’est un vrai cerisier
Qui devrait porter fruits
Savoureux et charnus,
Un de ces fruits qui ici naissent avec le printemps,
Qui apportent l’espérance de vies toutes neuves.
J’ai planté un cerisier.
C’est acte politique.
C’est me dire communard,
C’est chanter avec Louise Michel
Une des plus belles chansons
Qui me fassent frissonner
Plus que celles qui proclament un amour éternel
Et n’en croient pas un seul mot.
« Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol
Et merle moqueur…
J’ai planté un cerisier.
J’ai inscrit dans la terre
Toutes mes certitudes
Celles qui me disent que l’homme peut ne pas être si mauvais,
Qu’un soupçon de conscience lui apprendra enfin
Qu’il ne peut que se perdre
S’il fait de la finance la divinité sur l’autel de laquelle
Il finira de verser le sang de toute humanité.
J’ai planté un cerisier
Espérant que de petites mains, en coupe,
En recueilleront les fruits
Et que ces enfants en en savourant la chair
Apprécieront la générosité de cet arbre,
Mon petit cerisier.