Seconde mi-temps présidentielle

Au lendemain de son élection, le Président eut le sentiment d’avoir enfin réalisé l’unité des Français. « Il n’y a plus ni gauche, ni droite, mais désormais un seul peuple qui se met en marche ! ».

Or, les élections européennes révélèrent un tout autre paysage politique. La Droite subsistait bel et bien au moins à travers un homme, et pas n’importe lequel, Edouard Philippe, le Premier Ministre, qui revendiquait de puiser à Droite  l’essence même de ses valeurs. (Et pourtant il a cautionné l’inadmissible répression contre les gilets jaunes et autres manifestants. )

Et puis se dressa, plus fort que jamais, le premier parti de France, le RN.

Premier mais en mauvaise posture, poursuivi pour malversations, détournement de fonds et autres malhonnêtetés. Y survivra-t-il ?

Le RN n’est d’ailleurs pas le seul à avoir des soucis. Le MODEM et la si vertueuse Marielle de Sarnez, soupçonnée d’emplois fictifs, de même que Bayrou, fervents alliés de la FEM. Des truands ?

C’est vrai que Macron avait atomisé le monde politique : Presque tous les vieux briscards et biscardes étaient soudainement avalés dans les oubliettes de  l’Histoire. Surgissaient de nouveaux visages. Ne subsistait péniblement, vestige de la Gauche, que la France Insoumise, étrillée lors des européennes.

Mais voici qu’avec le référendum ADP se présente comme chance inespérée, la très possible résurrection d’une Gauche forte qui, si elle parvient enfin à tirer la leçon de ses échecs, constituera la seule force d’opposition intelligente indispensable.

Car si le gouvernement de la France  se trouve à présent dans les mains du seul homme de Droite fiable, il sera nécessaire d’en limiter les travers. Il n’a pas fallu attendre très longtemps la haute trahison de la Ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour permettre la remise en question de la durée des mois durant laquelle l’avortement est possible, et se désolidariser honteusement de la cause des femmes.

Quant à l’écologie pour laquelle Philippe reste dans le flou, Thomas Piketty dans sa chronique dans le Monde « L’illusion de l’écologie centriste » nous rappelle que « la résolution du défi climatique ne pourra se faire sans une compression des inégalités sociales. »

 

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