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Billet de blog 17 mars 2011

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Huguette Bouchardeau

Secrétaire national d'un parti, un rôle difficile. J'ai eu l'insigne privilège de connaître une secrétaire nationale d'un parti de suffisamment près puisque nous étions collègue et amis : Huguette Bouchardeau.

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Secrétaire national d'un parti, un rôle difficile. J'ai eu l'insigne privilège de connaître une secrétaire nationale d'un parti de suffisamment près puisque nous étions collègue et amis : Huguette Bouchardeau. Elle militait au PSU et en a pris la tête de 79 à 81. Mais avant tout, Huguette était issue du milieu ouvrier de Saint-Etienne et avait mis très tôt ses compétences d'agrégée de philosophie au service de son militantisme. C'était à Lyon 2, à l'Unité de psychologie, où elle était, comme moi, enseignante que je l'ai connue. J'ai donc participé avec elle aux multiples réunions mixtes (enseignants/étudiants) hebdomadaires où nous débattions de problèmes tant locaux et d'incidence immédiates que nationaux, européens, et de fond.Et elle, en femme efficace, apportait tout en tricotant, avec humour, un point de vue d'une rare pertinence. Mais elle ne se contentait pas de parler : je me souviens de réunions auxquelles elle participait alors qu'elle menait une grève de la faim pour soutenir une cause. Elle était à la limite de la défaillance, mettant sa vie en jeu. Elle avait obtenu gain de cause. Députée, puis ministre de l'environnement dans deux gouvernements successifs, elle mettait la même ardeur à défendre les causes qui lui paraissaient justes. Ainsi je me souviens du témoignage de guides de haute-montagne de Chamonix, milieu rude et plutôt de droite que je fréquentais, qui disaient avoir été conquis par la pertinence et la vigueur de son action pour des questions d'environnement montagnard qui les préoccupaient. C'est dire si, avec un tel modèle, j'ai de bonnes raisons d'être exigent lorsqu'il s'agit pour quelqu'un d'occuper cette fonction.Ça ne pose évidemment pas de problème s'il s'agit d'un parti bâti sur un modèle totalitaire. Dans ce cas, l'autorité du secrétaire repose sur le respect inconditionnel au chef, compétent ou pas, dérangé ou normal. On ne discute pas, on obéit et tout le monde marche au pas, éventuellement de l'oie.Il en va tout autrement lorsqu'il s'agit d'un parti dont le fonctionnement se veut démocratique. En principe chacun peut s'exprimer et doit être écouté. Grand est donc le risque de cacophonie. Il faut toute l'habileté et l'abnégation d'un François Hollande pour qu'un tel parti, riche de tant de fortes personnalités, puisse fonctionner.Mais lorsqu'une Martine Aubry joue des coudes pour occuper le poste, pensant qu'un PS se conduit comme le fait un DRH dans une entreprise, qui puise son autorité de par la place dans un organigramme, alors là, ça ne peut pas marcher. Qu'un chargé d'un rapport sur la modernisation du PS, tel Arnauld Montebourg, ou qu'une Aurélie Filipetti, secrétaire nationale aux questions énergétiques, se permettent de donner leur avis sur une question qui relève de leur mission, ça n'a pas l'heur de plaire à Madame Aubry, qui les tance comme une mère qui surprend ses gamins, le doigt dans le pot de confiture. Et pour moi, qui ne suis qu'un sympathisant du PS, je suis vraiment désolé. Que cette dame continue ainsi, et se répétera en 2012 le sabotage par le PS lui-même de l'élection présidentielle de 2007.S'il vous plait, que le PS, de la base à la tête, prenne ce risque au sérieux.

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