Le ministre de l’Intérieur idéal

 

Je ne comprenais pas pourquoi l’annonce du remaniement gouvernemental avait tant tardé à être annoncé.

 Pour moi une personne s’imposait : car un gouvernement de droite mérite un ministre de l’Intérieur à la hauteur, c'est-à-dire  hyper-compétent, magouilleur, voyou, à l’image d’un Pasqua qui, chef de bande et assassin,  incarnait sublimement cette fonction.

Or Jean-Luc Mélenchon  était pour moi l’homme de la situation

 « C’est n’importe quoi ! » allez-vous me rétorquer. « Vous voyez bien qu’il n’est pas du même bord, qu’il est dans l’opposition ! C’est donc impossible qu’il entre dans un gouvernement de droite ! » Or « impossible » ne fait pas partie du vocabulaire d’un Mélenchon. D’ailleurs, Macron l’a bien affirmé : il n’y a plus ni droite ni gauche, on est tous pareils mes frères, et on marche au pas cadencé.

Donc c’eut été possible car quant aux convictions républicaines du sieur Mélenchon, elles paraissent à géométrie variable, moins disposées à se mettre au service des citoyens en respectant chacun d’eux ( ah le respect ! ) qu’à défendre le personnage sacré qu’il est et que tous doivent hisser sur le pavois. C’est à ça que doit lui servir le petit peuple.

Ce n’est donc pas la différence des idéologies qui opposerait Macron et Mélenchon, c’est le choc de leur hybris, comme le rappelait Colomb à propos du président de la république.

Paraphrasant la confidence de Richelieu au Père Joseph citée dans le documentaire sur la guerre de trente ans,  l’un dirait à l’autre :

« Le peuple se bat ou s’abstient pour des convictions, nous qui gouvernons, nous nous battons pour le Pouvoir. »

C’est pourquoi l’idée d’un Mélenchon ministre de l’Intérieur dans ce gouvernement de Macron était totalement impensable. Leur soif de pouvoir est telle que Mélenchon se voit condamné à exercer son sacerdoce (à ronger) dans l’opposition.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.