Changer la Constitution ? Chiche ! Alors restaurons la démocratie !

 

J’ai réuni…j’ai proclamé…j’ai décidé…Je veux … J’ai beaucoup réfléchi…Je…je…je…Moi  Président…Cette série d’affirmations du MOI dans la première partie du discours du chef de l’Etat à Versailles plait apparemment à  beaucoup de députés et sénateurs qui ont ou avaient des postes de commandements dus à leur statut de cadres. Car nos dits - représentants sont en grande majorité des cadres. Ces affirmations d’autorité du Président les confortent dans leur aptitude à diriger la masse. De fait, ils ne représentent qu’un dixième de la population, sont à l’abri du besoin, ne vivent pas et donc ne connaissent pas la vie et les problèmes de la population. Ils ne représentent qu’eux-mêmes, et pourtant ce sont eux qui régissent notre vie .

Ensuite, dans une deuxième partie de son discours, Hollande emploie le NOUS quand il s’agit de passer à l’action, c'est-à-dire lorsqu’il s’agit de faire réaliser ses désirs par les autres.

Ce discours illustre magnifiquement le contenu de l’article du Monde du 13 novembre cité précédemment « Et De Gaulle vengea la monarchie ».

De Gaulle voyait la France en tant que militaire. Il doutait de la démocratie. Si un vrai chef ne prend pas le pouvoir et ne dirige pas la France, ce ne peut être que chienlit. D’où sa constitution de 1958. Il invente la monarchie républicaine qui n’est démocratique que de nom.

François Hollande, « cet homme prudent et placide, cet habile chef de parti, ce barreur de petit temps, ce « capitaine de pédalo » moqué méchamment par Jean-Luc Mélenchon » (description de Gérard Courtois dans « Le Monde ») estentré progressivement dans le costume de chef taillé par De Gaulle. De démocrate convaincu au départ, sa fonction le transforme en monarque.

Peut-être finalement que c’est ce que veut le peuple, habitué qu’il est depuis des millénaires à n’être que sujet, que serf, juste bon à servir et survivre. Mais que veut le peuple réellement ? Nous ne le savons pas car il n’est pas consulté. Les élections actuelles ne sont que simulacre d’une représentativité bâtie encore sur le modèle de la famille traditionnelle et donc décalée de la vraie vie. En politique, seul le paterfamilias décide. Femme et enfants, c'est-à-dire l’ensemble des citoyens,  n’ont quasiment pas la parole. Ils sont traités en mineur, infantilisés. Ce qui explique le désintérêt du grand nombre et le fort taux d’abstention. Il faut un choc comme les dramatiques événements de ces temps pour que la population se sentent concernée et se réveille à la politique.

Alors profitons de cette brutale prise de conscience et changeons la Constitution afin que la France soit véritablement une démocratie.  Changeons d’abord le mode de désignation de nos représentants en instaurant par exemple le tirage au sort qui, au dire de spécialistes, serait le plus authentique et efficace moyen d’être représentés.

Quant aux propositions sécuritaires proposées par le Chef de l’Etat, peut-être que les techniques d’agression évoluant, elles sont peut-être nécessaire, et, à l’échelle du Pays, doivent respecter le pourcentage du budget que consacrent actuellement villes et foyers aisés en gadgets censés apporter des réponses à leur paranoïa.

La politique est affaire sérieuse qui nous concerne tous. Le peuple et notamment les jeunes, normalement portés à l’insouciance, viennent peut-être d’en prendre conscience de manière aigüe. Raison de plus pour ne pas laisser la politique aux seules mains de cadres en quête d’identité, de pouvoir et de notoriété.

Changeons la Constitution, oui, mais pour instaurer en France une authentique démocratie qui s’efforcera de ne laisser personne à l’écart et aigri, la rage au cœur et prêt à dézinguer les autres.

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