Panique à l’Elysée

 

A mi-chemin de son mandat, Le Président de la République va devoir affronter des épreuves inédites. Jusque là, tout ou presque avait été prévisible et facilement programmable. Brigitte, sa coache et épouse, avait veillé à l’exécution rigoureuse de ce qu’elle avait prévu : prise de contact avec Bernard Arnauld et, par l’intermédiaire de cet homme,  avec de nombreux soutiens financiers permettant l’organisation secrète de sa campagne présidentielle, l’émiettement providentiel du buste de plâtre de Fillon et non , de bronze, comme beaucoup l’espérait, l’inconsistance intellectuelle de la principale opposante, Le Pen, la mésentente entre les autres partis, tout lui fut favorable.

Il y commit pourtant quelques grosses bévues révélant les failles du personnage : le mépris inconcevable qu’il exprima envers le Général en chef des Armées, dû sans doute à son refus de service militaire qui lui avait évité d’apprendre à respecter un supérieur, ni à distinguer l’importance de la latéralité des pieds, Gauche, Droite, qui existe en dehors de la politique  et qu’il a cru pouvoir supprimer.

Bref, porté par la très haute idée que E. Macron  a de lui-même et qui lui octroie quasiment de droit divin la fonction présidentielle, il entra dans le personnage comme dans une paire de chaussures sur mesure, avec le sentiment que, bien préparé à ses fonctions par ses passages dans le monde de la finance, ne se posait à lui aucun problème de compétence.

Sauf qu’il ne comprit pas pourquoi la hausse de quelques malheureux centimes de trois gouttes d’essence pouvait émouvoir quelques aigris chroniques et encore moins par quel phénomène de psittacisme ridicule d’autres se joignaient à leur mauvaise humeur. En « prépa » il n’en avait été jamais été question et encore moins à l’ENA ! Le pire fut de découvrir la propagation si rapide de l’imbécilité de ces gens due probablement à leur analphabétisme. Il attira l’attention de son ministre de l’Education sur le fait que, dans analphabétisme, il y a « bête », autrement dit « indécrottable ». D’où, il en conclut que le seul remède était, comme pour toute bête, la trique ! , Ça  ils peuvent comprendre ! Il donna des ordres très fermes en ce sens à son ministre de l’Intérieur.

Puis, il affirma péremptoirement que ce mouvement mercantile, n’ayant aucun cerveau ni doctrine mais seulement du vague à l’âme, n’avait aucun avenir politique. Ça le rassura d’autant que Brigitte fut totalement d’accord. En fait, elle était la seule. Conseillers et Gouvernement estimaient que le plus dur  advenait.

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