Conservateur ou inventeur ?

 

 Le précédent billet rappelait un des principes régissant l’activité humaine, ce qui n’est qu’enfoncer une porte largement ouverte. Mais n’étant pas philosophe, mon but se limite à rappeler ce principe et à le soumettre à l’aune de la réalité politique française actuelle et ainsi à savoir ce que le nouveau Président voulait dire en annonçant la fin du sempiternel clivage Droite / Gauche.

De fait, au lendemain de son investiture, Emmanuel  Macron savourait son triomphe, seul, tel Zeus, au sommet de l’Olympe.

Aucun des leaders qui depuis la Révolution française se relayaient à la tête de partis  ne figuraient au tableau d’honneur.

Disparus, atomisés !

 

C’est alors que Jupiter put en s’étranglant d’émotion, s’exclamer : « Il n’y a plus de gauche, ni de Droite, mais une seule France en marche. »

Qu’il n’y ait plus de Gauche, clairement identifiée, passe encore, mais plus de droite ? De fait, il ne restait que ça :

° d’une part une droite populiste à la devise : « Demain un coiffeur bien de chez Nous rasera gratis ! »

° D’autre part, une Droite conservatrice choyant les valeurs du passé.

En ce qui concerne la Droite démagogue, rien de bien nouveau, si ce n’est qu’elle est en grande partie composée de citoyens qui exprime une colère tout à fait justifiée.

Quant à la Droite traditionnelle, elle s’empresse de se référer aux bonne vieilles valeurs d’antan, celles qui font le lit du capitalisme. Et chaque jour, le Gouvernement ressort les anciennes mais solides recettes :

Par exemple, selon ‘Les décodeurs ‘ du Monde

« La suppression de la taxe d’habitation, supprimée pour les plus modestes selon la promesse initiale de Macron, bénéficiera finalement également aux riches et leur rapportera près de 8 milliards.

Elargie à tous les contribuables, la suppression de la taxe d’habitation coûtera en tout, 17,6 milliards d’euros par an aux finances publiques. Cette réforme, qui figurait dans le programme d’Emmanuel Macron, ne devait initialement pas concerner les 20 % de foyers les plus aisés. Mais le gouvernement a confirmé, le 12 juin, que ces derniers en seront eux aussi finalement exonérés. Selon les données fournies par le ministère de l’économie et des finances, ces « 20 % » capteront à eux seuls 44,6 % des 17,6 milliards amputés du budget de l’Etat.

 

Dans un communiqué publié mercredi 19 juin, le ministère vante une économie de 723 euros par foyer. Une moyenne qui masque de fortes disparités. Ainsi, les foyers les plus modestes, qui bénéficieront les premiers d’une suppression de la taxe à 100 % d’ici à 2020, économiseront 555 euros en moyenne, tandis que les 20 % les plus riches profiteront, eux, d’un gain moyen de 1 158 euros.

L’Etat s’est engagé à rembourser « à l’euro près » le manque à gagner des collectivités locales provoqué par la suppression de la taxe. En élargissant la mesure à l’ensemble des foyers, la facture s’annonce salée dans de nombreuses communes, dont pâtiront  les foyers les plus modestes.

 

Le fait de réserver pas moins de 10 milliards d’euros pour « soutenir le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires », comme on pouvait le lire sur le site de campagne du candidat, permettait aussi de répondre aux critiques sur sa ligne économique libérale et d’autres mesures clairement destinées aux plus fortunés, comme la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF).

 

En épluchant les mesures prises actuellement par le Gouvernement, nous nous apercevons qu’elles ne font que favoriser les riches et pénaliser les plus pauvres. La Droite est hégémonique. Il est grand temps que les forces de Gauche se réveillent et s’unissent.

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