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Billet de blog 23 mars 2011

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Un vote républicain

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Je me souviens de ma stupeur, un soir d’avril 2002, lorsqu’un résultat apparut :Chirac : 19.87 %Le Pen : 16.87 %Jospin : 16.17 %Et du cas de conscience qui me tourmenta jusqu’au moment de glisser mon bulletin dans l’urne, ce 5 mai suivant.Joli mois de mai !Durant une semaine, nous échangeâmes entre amis, je lus de nombreuses chroniques. Le choix était pourtant fort simple et évident : la peste brune et la mort de la démocratie, ou les coliques néphrétiques, pour cause d’excès de calculs, mais une république sauvegardée.Je pris donc ma décision : pas d’abstention, j’irai voter, je ne mettrai pas une enveloppe vide dans l’urne, ni un bulletin blanc, je voterai Chirac ! Je voterai sans pinces à linge sur le nez, ni en gants chirurgicaux, comme l’idée m’avait effleuré, non je voterai normalement, en citoyen respectueux des règles démocratiques. Car comme il faut à la république un président, je voterai pour un homme, corrompu, certes, rapace, magouilleur, mais qui, malgré tout est un républicain.Mon vote, joint à celui de tous les gens de Gauche, portera si bien l’homme de droite au pouvoir qu’il ne pourra oublier qu’il leur doit d’être là, qu’il devra plus honnêtement conduire les affaires du Pays, qu’il se devra d’instaurer plus de justice et de solidarité, comme le veulent les gens de gauche.J’ai donc voté Chirac, et je ne le regrette pas.Je ne le regrette pas car ce qui est arrivé était prévisible : Chirac s’appelait Jacques, comme les coquilles, et non Paul, sur son chemin de Damas. On ne convertit pas un Bernard l’Hermite, soucieux de se trouver un palais, en pèlerin à la recherche d’une humanité plus conviviale. Vieillissant, facile à manipuler, il laissa la pourriture fasciste infiltrer silencieusement les institutions, corrompre l’appareil public, faire le jeu des puissances d’argent. Si bien que lorsqu’il fut de nouveau question d’élire un(e), président(e), la machine de guerre UMP, avec ses rafales, ses exocets hors prix, ses Rolex, et autres colifichets de luxe, eurent de nouveau vite fait d’éblouir le bon peuple.Arriva avec Sarkozy ce que, même des gens de droite de bonne foi n’avaient pas osé croire : la richesse aux riches, la délinquance bancaire protégée, les pauvres, les jeunes, les chômeurs et les malades désignés comme étant l’origine de l’insécurité, et donc à enfermer. Et puis, et puis une France enfin chrétienne et pure. Si les étrangers désirent vivre en France, qu’ils en adoptent les valeurs. La conversion, la bible et le baptême ne sont pas faits pour les chiens.Alors la question d’un paysage pollué par l’érection de minarets ne se posera plus.D’où Sarkozy / Marine Le Pen, même combat. Les électeurs ne se sont pas trompés. Et cette semaine, c’est aux électeurs de droite d’affronter la question posée aux gens de Gauche ce 5 mai 2002. Vont-ils suivre les consignes de Sarkozy, ou affirmer leur attachement aux valeurs de la république, dépasser les positions idéologiques de leur milieu et voter pour la Gauche.La patate chaude est cette semaine dans leurs mains.

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