Les hypothèses sont nécessaires à la recherche de vérité, sans être certitude

A l’heure des fausses nouvelles et insultes gratuites, je voudrais préciser ma démarche concernant mes doutes envers le président Macron :  Ma méfiance a été éveillée, comme chez d’autres observateurs, au moment où j’ai vu surgir dans le cercle des proches de François Hollande un parfait inconnu du monde politique. Sa nomination comme ministre de l’économie, mais surtout ses dépenses somptuaires en repas fins au frais des contribuables a éveillée la méfiance de certains, dont la mienne. Puis sa soudaine candidature à la présidence de la République, sans attendre, si mes souvenirs sont bons, le retrait officiel de son « protecteur » m’est apparu comme le comble de la déloyauté. M’est venue l’hypothèse que les invitations festives organisées au ministère n’avaient d’autres buts que de recruter appuis et finances en vue de l’organisation d’une campagne présidentielle macronienne. Les sieurs Arnault et Bolloré apparaissaient dans la presse à cette occasion.

 Tout cela prenait sens, tout en restant d’hypotétiques rumeurs de couloir,

que d’autres indices vinrent confirmer, par exemple le refus de répondre à Benoît Hamon au sujet des sources financières de la campagne.

 Qu’un quidam n’ayant aucune référence politique, aucune conviction préalablement déclarée, aucune autre compétence avouée si ce n’est d’avoir été employé de banque, brigue soudain la présidence de la République française est pour le moins surprenant. Il serait tout à fait logique et justifié d’imaginer un escroc de très haute volée désireux blanchir de l’argent sale et tenter le plus génial coup du siècle en décrochant, d’un coup de bluff, la place qui le propulsera le Premier et le plus honnête des Français.

 Non seulement cette monstrueuse hypothèse est envisageable, mais elle reste pour moi la plus plausible.

 Mais elle n’est qu’hypothèse.

 Si le citoyen Macron désirait lever les doutes qui ont gagné la grande majorité des français depuis son calamiteux mépris à l’égard des citoyens, sauf des riches, il lui suffirait de faire preuve de transparence, de mettre à la disposition des citoyens le moindre des détails de ses comptes de campagne, le montant des sommes engagées, leurs origines, c'est-à-dire le noms de tous les donateurs. Ainsi saurions-nous pour qui cet homme travaille, c'est-à-dire quels sont ses commanditaires.

Ces renseignements permettraient ou de rétablir une confiance qui n’existe pratiquement plus, ou nous saurions par quel mystificateur nous sommes gouvernés

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