Claire Ch
Claire Checcaglini, une journaliste, s’est « infiltrée » durant huit mois au sein du FN, se faisant passer pour une sympathisante, y prenant des responsabilités, nouant des amitiés alors que son seul but était de connaître et dévoiler le fonctionnement secret d’un parti.
Pour moi, la fin ne justifie pas les moyens. Abuser de personnes, s'introduire dans leur intimité au point qu'elles finissent par croire en votre amitié est inacceptable, profondément dégueulasse. Même si les idées de ces personnes sont abjectes, elles ont droit en tant que personnes au respect. Point n'est besoin d'adopter des méthodes écœurantes pour connaître le fonctionnement d’un groupe. S'il est un livre que je me garderai bien de lire, c'est celui de Claire Checcaglini, aux procédés honteux.
Il est bien difficile de combattre les racines de la haine, solidement ancrées en chacun d'entre nous parce que "normales", en ce sens que pour un être vivant, peut-être même végétal, tout ce qui est dissemblable faisant peur est considéré comme menace.
Il faut donc dépasser cette peur atavique pour se hisser au niveau de l'humain. Sans doute qu'une bonne part des "frontistes" est tombée là-dedans par hasard, sans grande conviction, et serait accessible à une démarche raisonnée et simplement humaine. Quant aux irréductibles, le noyau dur du FN, ils sont imperméables à toute logique humaine. Ils ne peuvent survivre qu’en conservant les réflexes animaux. Pas la peine d'insister. Ce sont des nuisibles dont on peut essayer de limiter la nuisance en dénonçant la débilité de leur position.
Pour ma part, je crois que la nuisance du "Front" n'a strictement rien à voir avec celle d'un Sarkozy.
Il s'agit chez cet homme d'un cas tout à fait exceptionnel : imaginez un gamin sensible, intelligent, qui, petit de taille, au patronyme étranger, est meurtri par les moqueries incessantes de camarades riches et bien français. Il encaisse sans broncher les fléchettes assassines mais sait les convertir en une haine coriace. Il mijote sa vengeance en alimentant tout enfant le seul objectif qui orientera toute sa vie : devenir le président de la République française.
Pour moi, à présent, je pense que ça n’est ni l’ambition, ni le désir d’argent, ni même celui des honneurs qui ont servi à cet homme de moteur dans la vie, c’est la haine à l’état pur, la soif de vengeance.
L’acharnement de Sarkozy enfant, puis adolescent, puis jeune homme, finira par payer : il devra à sa persévérance, à sa grande intelligence, à ses immenses talents de tribun, à son inextinguible soif de vengeance, sa conquête de l’Elysée. Il tiendra enfin sa revanche : détruire cette France honnie, celle des petits cons qui se sont moqué de lui.
Si bien que le bilan désastreux de ce septennat est la preuve même de sa réussite, et non celui d'un échec. Il peut en être fier.
Quant aux rapaces de son entourage, ils se sont accrochés à ses basques parce qu'il a été le seul capable de leur faire gagner, du fric essentiellement, des honneurs bien sûr, une retraite confortable. Ce sont ceux de cette droite qui, tels des vautours, profitent d’un malheur pour déchirer les victimes et se refaire une santé. Ce sont les petits-enfants des antidreyfusards, des collabos de Pétain, dieu-famille-patrie, ceux de la haine ordinaire, qui se lovent dans un néolibéralisme bienpensant qui leur rapporte gros...
Sarkozy doit savourer, amusé, le spectacle de ses courtisans incompétents et veules qui ont, sans s’en rendre compte, contribué largement au déclin de la France.
Il savoure sûrement sa dernière trouvaille, son dernier clin d’œil, celui de la France forte, alors que son ultime objectif est celui de la
FRANCE MORTE