L'or sublime des médailles

De l’or sublime des médailles

Poutine :         Médaille d’or de la Perversité

Trump     :       Médaille d’or de la Fatuité

Netanyahou : Médaille d’or de la Malhonnêteté

El Assad :        Médaille d’or de la Trahison

OUF ! Les jeux olympiques d’hiver sont terminés ! Pas trop tôt. Ils m’insupportent non pas en soi, par mépris des admirables performances des sportifs, des contraintes qu’ils s’imposent, des risques énormes qu’ils prennent, mais parce qu’ils révèlent une part obscure et méprisable de moi-même : la haine, le désir de tuer l’Autre. Je ne peux accepter mon chauvinisme imbécile qui me pousse à vivre des sentiments qu’intellectuellement je refuse.

Je pourrais tenter de me persuader qu’il s’agit dans ces jeux de la sublimation des pulsions meurtrières qui sommeillent en chacun, que c’est un immense progrès que Martin Fourcade exerçât son talent en abattant non un être humain comme il est demandé à un bon soldat de la patrie, ou du parti. Encore que là aussi, il est curieux de constater que la balle de 22 long riffle doive toucher une cible peinte en noir pour faire apparaître le blanc virginal et victorieux. Non, non, ça n’est pas du racisme, vous cherchez la petite bête !…Et pourquoi pas la grosse, l’énorme, celle qui nous a valu le nazisme, et ses millions de morts. Je serais presque  prêt à accuser Jesse Owens d’avoir, en 1936,  poussé Hitler à déclarer la guerre à la planète par provocation délibérée en remportant quatre médailles d’or sous les yeux du dictateur effaré, privé de son  « Deutchland über alles ! ».

Le Gouvernement planche ces jours-ci sur la question de l’éradication du radicalisme, je ne sais pas s’il s’agit d’une plaisanterie ou d'un trait d’humour de riche, or je ne pense pas que Macron cherchât à se suicider, car le terrorisme n’est que l’avatar de la compétition, carburant du capitalisme et de l’enseignement français qui joue sur la rivalité : prouver qu’on est le meilleur et qu’on écrase l’autre. Pas très démocratique ! Liberté ? Oui mais sans l’égalité ni surtout la fraternité.

Distribuer des médailles et autres colifichets ne sont que considérer les humains comme des chiens de Pavlov. Sauf que chez les humains, il s’agit de montrer aussi qu’on pisse plus loin que l’autre, que son zizi, individuel ou national, est plus grand que celui du voisin. Et que tous, acteurs ou spectateurs, retrouvent le charme de l’innocence d’une cour de récré, et plus de fric, bien sûr. L'or est toujours suivit d’argent.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.