La campagne des législatives qui bat son plein est non seulement palpitante, mais également clarificatrice.
L’éviction de l’imperator qui avait écrasé toute nuance dans son camp permet enfin à la Droite de respirer et de retrouver son identité première, celle des convictions, bien sûr, mais aussi celle d’une grande tolérance en même temps que d’une exigence de justice.
Elle peut dire à présent son rejet total des modèles inspirés par la haine, ceux de ces deux jumeaux ennemis, le FN et la veuve UMP, totalement antinomiques, mais qui ont un ennemi commun, le musulman.
Le FN recrute son public dans les milieux démunis que l’indigence, matérielle ou intellectuelle, agresse et qui se défend en s’équipant de pitbulls qui lui donnent un sentiment de sécurité. Elle estime que c’est par la peur qu’elle se fera respecter.
La veuve UMP regroupe sous son étendard brisé tous les milieux aisés qui ont su prospérer sous la précédente présidence et ne se consolent pas de devoir renoncer à leurs juteux marchés. Un « copié-collé » du fondateur chassé, s’inspirant sans doute d’Anders Behring, tente bien d’appeler à la guerre civile et, au nom de la sécurité, d’exciter l’ardeur de ses milices, créant en plein Pays un sinistre ghetto.
Ainsi l’extrême droite se recompose-t-elle clairement en une Marine Le Pen qui tente d’exploiter la souffrance des plus pauvres, et en un Copé qui mise sur la rancœur des plus riches et leur sentiment d’insécurité.
La haine viscérale du musulman que ces deux-là éprouvent donne à ce courant un semblant d’unité.
Et que fait donc Marianne face à ces groupes haineux, et donc dangereux ?
Elle respire.
Elle se retrouve enfin, diverse mais unie.
Diverse : elle se redécouvre composée de citoyens aux attaches différentes, opposées par certains de leurs aspects, car n’ayant pas la même vision du monde.
Unie de par leur exigence commune de justice et de respect de l’autre, que traduit le concept de « laïcité ».
Ainsi peut-on à présent mieux comprendre pourquoi Fillon s’est maintenu fermement à son poste de Premier Ministre bien qu’utilisé par « son patron » comme une marionnette. S’il a accepté d’avaler autant de couleuvres sans broncher, au risque d’être considéré comme un faible, c’était pour sauvegarder l’âme de cette droite généreuse et chrétienne. Il eut la patience d’attendre le départ du tyran qui dénaturait la France, pour enfin retrouver un fonctionnement « normal », l’équilibre entre deux courants différents mais compatibles.
François Fillon se posera face à François Hollande comme adversaire mais non comme ennemi.
Et la France retrouvera enfin ses valeurs.