Télérama et sa « Nature Morte »

 

Le numéro 3627 de l’hebdomadaire commentant les programmes de la télé française a proposé à ses lecteurs une très belle couverture représentant la nouvelle star du jour : « LE VEGETAL NOUVEL IDEAL ».

Après avoir beaucoup donné ces jours dans le commémoratif, et notamment dans le souvenir ému de la libération sexuelle, voici que Télérama se lance dans le prospectif.

Le nouvel idéal de notre microsociété indo-européenne serait ainsi le végétal. Plutôt que d’en faire nos choux gras, prenons l’hypothèse au sérieux et posons-nous la question du sens profond de cette révolution culinaire.

Les tenants de ce changement radical qui semble s’emparer de toutes les couches de la société ne manquent pas d’arguments. Traçabilité des produits, proximité de l’approvisionnement, économie locale relancée, bannissement de la chimie, dont les pesticides, , culture respectueuse de l’environnement, etc…

Tout cela est vrai et important.

Mais comme par hasard passait sur la 3, un remarquable reportage intitulé « Mon village en Provence ». Une première partie survolait le Lubéron, et la seconde accompagnait une grand-mère dynamique, de celles qui savent faire un bon café, faisant découvrir à son adorable petite fille de 25 ans, les villages de l’arrière pays. Passionnant ! Toutes ces choses merveilleuses du passé, architecture des châteaux, produits de toutes sortes qui ont fait jadis la richesse des habitants mais sont tombés dans l’oubli, amandes, fleurs de tilleul…gestes perdus et retrouvés des artisans, ferronnier, tailleur de pierre, toutes ces merveilles se trouvent en voie de réhabilitation.

Je n’ai pas pensé compter dès le début du reportage le nombre de fois où était prononcé le mot « PATRIMOINE ». C’eut été impressionnant. C’est ce nombre qui me fit poser la question suivante :

Et si cette démarche apparemment prospective masquait le désir de ressusciter le « bon vieux temps », celui où l’on prenait le temps de vivre, de réaliser un bel ouvrage, d’être fidèle à sa parole, de respecter ses engagements, et notamment ceux du mariage. Car ces couples du retour à la terre de ce reportage, se présentant comme heureux d’être ensemble, m’évoquait l’Angélus de Millet. ?

Ce mouvement vegan n’est-il pas aussi un retour au moralisme chrétien qui impose un autoritarisme vertical ?

N‘est-ce pas en « croquant la pomme », en désobéissant à l’ordre divin, que l’humanité, dans notre culture,  connut la déchéance ?

« L’obéissance comme secret du bonheur », dirait Monsieur Macron.

 

 

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