L’écosocialisme de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon me paraît être un phénomène en soi, un homme qui concentre tous les défauts de ses immenses qualités, car, n’en doutons pas, c’est un meneur d’hommes.Ce chef du PDG draine les foules de personnes en souffrances qui voient dans le sillage de cet iconoclaste la sortie du tunnel. La violence de son langage fait écho à la violence dont souffre une majorité de Français qui n’ont que le désir de retourner cette violence contre ceux qui la leur font subir.

Jean-Luc Mélenchon me paraît être un phénomène en soi, un homme qui concentre tous les défauts de ses immenses qualités, car, n’en doutons pas, c’est un meneur d’hommes.

Ce chef du PDG draine les foules de personnes en souffrances qui voient dans le sillage de cet iconoclaste la sortie du tunnel. La violence de son langage fait écho à la violence dont souffre une majorité de Français qui n’ont que le désir de retourner cette violence contre ceux qui la leur font subir.

 Ainsi ce peuple de gauche, notamment ceux qui sont les plus exposés, stockent une réserve de carburant instable et explosif qui a de quoi alimenter une révolution culturelle détonante. Or le contenu de cette révolution peut tenir en partie dans  « le premier manifeste en 18 thèses pour l’écosocialisme » proclamé par le Parti de Gauche, et qui va être discuté un peu partout en France ces temps-ci.

  Je viens de découvrir le document et de le parcourir. Il me paraît d’une richesse très dense. J’y vois fourmiller les idées novatrices qui étaient soulevées lors de la pré-campagne électorale des dernières présidentielles.

 Mais la thèse 11 a attiré tout particulièrement mon attention. En voici le début : 

 « 11) Les luttes doivent converger. Notre objectif de rupture civilisationnelle impose que l’action politique soit le fait du plus grand nombre. Il s’agit de rassembler et d’agir, non de se contenter d’avoir raison entre convaincus, ou pire, de dresser les uns contre les autres : nous nous situons aux côtés des salariés et des exclus du système qui résistent et sont porteurs de projets alternatifs sociaux et environnementaux….

 Cette thèse m’a paru d’une évidente sagesse, car l’action envisagée est si immense qu’elle ne peut être à la portée d’un groupuscule, fût-il conséquent.

 D’où mes interrogations : Les outrances de style de JLM, sa gouaille, si elles plaisent aux personnes saturées de langues de bois et qui trouvent là occasion de se défouler comme le font les spectateurs d’une comédie de boulevard un peu grasse, ne détournent-elles pas une masse de gens de gauche des riches idées que ces discours recèlent. C’est comme s’il y avait contradiction avec le désir de Mélenchon de promouvoir ses idées, et la volonté de les garder pour lui en les transformant en épouvantail, et donc impartageables.

 Et pire même. En cultivant un discours qui se trouve souvent à la limite de l’insulte, n’entretient-il pas chez les convaincus la culture du rejet de ceux qui, n’appartenant pas au cercle des parfaits ne sont que mauvaise Gauche, car vendue à l’ennemi.

 Difficile alors de ne pas se retrouver bien au chaud entre soi mais totalement stériles.

 Si j’ai un tant soit peu raison, je trouve cette situation très regrettable. Car  non seulement la gauche en pâtira, mais la France et l’Europe.

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