L’ensemble de la presse s’accorde pour classer dans ce qu’on appelle « l’extrême droite » le Front National, même si les adhérents de ce parti estiment ne pas avoir des positions extrémistes mais simplement « normales ».
Or, l’affolement de Sarkozy et de ses proches dans les derniers jours de la campagne présidentielle a poussé le président alors sortant à développer plus clairement les idées qui ont organisé son action durant son quinquennat.
Avant tout le rejet d’un fonctionnement républicain :
Le pouvoir ne se partage pas, sinon c’est la chienlit.
L’étranger, notamment le musulman, est une menace pour l’identité de la nation.
La laïcité est un leurre et une faiblesse. Elle est incapable de faire cohabiter pacifiquement des idéologies opposées.
Seul le libre marché permet aux plus entreprenants et travailleurs, c’est-à-dire aux plus courageux et créatifs, de s’enrichir. Si la masse se contente de végéter passivement, c’est son affaire.
Oui pour la liberté, notamment des finances, non pour l’égalité et non pour la fraternité. Cette idée de partage encourage la paresse et l’assistanat des fainéants.
Voilà donc ce que l’on peut appeler des idées d’extrême droite. Elles consacrent la force et condamnent la faiblesse. Elles nient toute idée de solidarité.
Les incontestables talents de tribun de Sarkozy ont permis aux citoyens de droite de se requinquer. La Droite était en perte de vitesse. Peu regardante, elle vit dans cet homme son sauveur. Et ce fut le triomphe de l’UMP. Et l’on connait la suite. Un règne sans partage. Une cour à la botte, un premier ministre d’opérette.
Sauf que, intelligemment, Fillon sut se maintenir, discret, voire effacé, mais attendant son heure. Il permit à la majorité muette de l’UMP, la droite « normale », républicaine, qu’il représentait, de patienter. Cette majorité ne se reconnaissait pas dans les orientations extrémistes du Pouvoir, mais, prise au piège, en otage, elle ne pouvait que les cautionner.
Sarkozy battu, l’UMP abattue révèle enfin ses failles. Et ses chefs.
Copé, qui a profité de son statut de chef de file des parlementaires pour créer ses réseaux, se voit en patron légitime du parti, ou plus exactement de la partie extrémiste prônée par son ancien chef.
Fillon peut à présent s’affirmer comme le chef d’une majorité silencieuse, écrasée par la dictature passée.
Copé, chef de guerre, chef d’une bande de fanatiques qui n’ont pas digéré la défaite de leur empereur et qui vient étoffer l’extrême droite existante.
Fillon, animateur de cette droite que l’on peut appeler la « droite républicaine ».
Il serait heureux que les élections législatives puissent enfin les départager.
Il faut appeler chat, un chat, et Copé, un des chefs de l’extrême droite.