Voici en deux jours que le peuple français donne au Gouvernement actuel deux leçons. L'une en donnant au Sénat une majorité de Gauche. L'autre en faisant descendre dans la rue les enseignants et de l'Education Nationale et ceux du privé, notamment de l'enseignement catholique. Pour ma part, la dernière fois où j'ai vu ce type de convergence, ce fut au printemps 68, lorsque qu'à Lyon2 j'animais une commission dite de « l'enseignement premier » à laquelle participaient avec passion des inspecteurs, des normaliens, garçons et filles, des parents des deux versants.
Ces deux événements traduisent bien l'unité des français contre Sarkozy et sa politique.
Le premier est une victoire historique pour la Gauche : Ce que Raffarin appelait avec mépris (je ne crois pas me tromper d'auteur du « bon ? » mot) : la France d'en bas, c'est-à-dire, celle du terroir, celle qui donne vie au paysage français, travaille la terre au rythme des saisons, entretien le patrimoine, conserve les traditions, cette France sage et enracinée, qui, par méfiance des changements brutaux, votaient prudemment pour les gens qu'elle connait et qui pour la plupart se situaient à droite, cette France dans sa majorité à dit stop aux divagations de Sarkozy. Elle ne supporte plus ces quatre années de gabegie, de massacre des valeurs démocratiques et des institutions (enseignements, santé, justice, économie, sécurité...).
Le second touche directement les familles. Car la politique s'invite directement dans les foyers, non seulement en constatant la dégradation permanente du pouvoir d'achat, le drame pour beaucoup que le chômage déprime, mais la difficulté de scolariser son ou ses enfants : 80.000 suppression de postes d'enseignants depuis 2.005, 18.000 cette année, des classes que l'on ferme, des classes surpeuplées, des enseignants débordés, des enfants qui décrochent.
L'enseignement privé se croyait protégé grâce à une organisation plus souple, elle s'aperçoit qu'elle aussi a du mal à survivre.
La France en a assez et le dit. Sans doute concrétisera-t-elle en 2.012 son désir de changement. L'espoir commence à prendre corps.