Sage soirée politique.

Que faut-il donc retenir de la soirée politique sur la 2 ?

Que les spécialistes divers en développant des questions alambiquées a permis au Premier Ministre d’être plus clair qu’eux, ce qui était sans doute le but. Edouard Philippe ne s’en est pas si mal sorti. On le savait subtil, pince sans rire, taquin, tout en étant sérieux. Les téléspectateurs ont pu le vérifier. Le seul défaut que personnellement je lui trouverais est son immense crédulité. Il constate que la France va très mal, que les pauvres sont plus pauvres et que les riches accroissent leur fortune en l’abritant dans un quelconque nid douillet étranger. Son remède serait de permettre à ces nababs de continuer à faire fructifier leurs biens, mais en France. Les pauvres de chez nous en récolteraient les miettes. Ainsi le remède du Docteur Philippe se condenserait dans cette formule : en s’enrichissant, les riches diminuent la pauvreté des autres.

Notre Diafoirus oublie qu’une des grandes jouissances que les riches savourent en amassant richesses est l’immense satisfaction de savoir que les autres s’appauvrissent d’autant. Si tout le monde était riche où donc serait le plaisir ?

Quant à l‘irruption tant attendue du fou de notre roi, là fut la surprise. Méconnaissable fut notre Mélenchon. Doux comme agneau, poli comme galet de torrent, affable comme Monsieur de La Fontaine, un régal ! Plus tard, Daniel (Kohn-Bendit) s’en étrangla en criant « comédie ». Où donc était le tribun vitupérant qui crie au coup d’Etat, qui enflamme les foules ? Mélenchon n’était que l’invité et l’assistance, bien  élevée, n’était pas celle d’un mything. Rien à voir avec la complaisante populace !

En fait J.L.Mélenchon se comporta en républicain que l’auguste Philippe reconnut comme tel. Mais la discussion tourna court lorsque les duellistes reconnurent tous deux que la France allait mal, mais que le remède apporté par Mélenchon était usé par les ans et faisait de son apôtre un honnête conservateur, alors que lui, le libéral chef du Gouvernement, essaie une audacieuse formule qui le fait se qualifier de progressiste.

Une petite minorité semble prête à suivre cette nouvelle route, le reste des citoyens attend de voir, avant de s’opposer.

«  A quand ma soirée ? » lance Mélenchon à Léa Salamé, sous entendant « avec mon  public ! »

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