jean-marie charron (avatar)

jean-marie charron

retraité

Abonné·e de Mediapart

993 Billets

0 Édition

Billet de blog 29 octobre 2011

jean-marie charron (avatar)

jean-marie charron

retraité

Abonné·e de Mediapart

Révoltons-nous ?

jean-marie charron (avatar)

jean-marie charron

retraité

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Révoltons-nous ?

Je fais partie d’une génération durant laquelle commerçant n’était pas synonyme d’escroc, où un rapport de confiance était établi entre le vendeur et le client. Le vendeur vivait correctement de son commerce, sans excès mais suffisamment, et le client y trouvait également son compte. Que ce soit chez le droguiste du quartier ou à l’agence de la banque qui depuis plusieurs décennies tenait votre compte.

Or, vers le milieu des années 70, je fus le témoin d’un brusque changement. Je désirais acheter un petit appartement et avais besoin d’un prêt. La conseillère qui s’occupait depuis longtemps de mon dossier et avec laquelle j’avais sympathisé me détailla en chuchotant la démarche à suivre qui ne me ruinerait pas. J’avais l’impression qu’elle craignait d’être entendue par sa hiérarchie. Elle m’apprit qu’une restructuration de son établissement était en cours. Effectivement, lorsque je retournai à l’agence quelque temps plus tard, non seulement l’architecture interne avait été chamboulée, mais la conseillère avait disparu et les échanges avec les clients s’étaient « rationalisés ». Efficacité et rendement semblait être les nouveaux mots d’ordre. Un affiche indiquait « Votre argent nous intéresse ! ».

C’est à cette époque que les « économistes atterrés » situent, je crois, le début de la dictature de la finance.

Les actionnaires exigent des gains qui ne sont intéressants pour eux qu’à partir de 25% de rapport. Les banques boursicotent. Les sociétés sont poussées à faire des profits rapides et importants, au détriment des clients qu’ils appâtent par des promesses fallacieuses, et qu’ils tiennent dans leurs rets grâce à des procédures complexes.

Certaines personnes tentent de déjouer les pièges des multinationales. Nous autres, petits consommateurs quotidiens, ne peuvent qu’être écrasés par leur toute-puissance, sauf si nous nous inspirons de l’exemple qui suit :

Et Vitogaz repartit sans sa citerne...

16.07.2010

Le face-à-face n'a duré que quelques minutes. Au nom de Vitogaz, un huissier et un transporteur devaient récupérer, hier matin à La Boissière-Ecole, une citerne de gaz chez Denis Peyrat, un client du distributeur de propane. Mais ils sont repartis sans même pouvoir entrer dans la propriété. La raison du conflitqui oppose le propanier à son client ? Denis Peyrat s'est fait livrer du gaz par une autre société, allemande en l'occurrence, en rupture totale avec les clauses d'exclusivité qui le lient à Vitogaz. Qui plus est, il a créé un collectif de consommateurs qui eux aussi se font livrer par cette société. « Je dénonce des clauses abusives et je veux faire jouer la concurrence des prix en Europe. En Allemagne, le marché est libre et les prix sont bien plus bas qu'en France », insiste ce fonctionnaire européen en poste à Paris. Ainsi le propanier a-t-il fait envoyer, hier matin à 9 heures, un camion-remorque et un huissier de justice pour remettre la main sur cette citerne., au motif que le contrat est désormais résilié « aux torts exclusifs » du client après « une violation manifeste de (sa) part des termes du contrat ». « C'est de la pure intimidation, sourit Denis Peyrat. S'ils veulent pénétrer dans ma propriété, il leur faut une décision de justice et, ce matin (NDLR : hier), ils ne l'avaient pas. Je n'ai pas cédé à l'intox, car je connais mes droits. » Histoire de compliquer la tâche de Vitogaz, il avait barricadé son portail avec sa voiture et demandé à plusieurs membres de son collectif de garer leurs véhicules aux abords de sa propriété, afin d'empêcher la remorque de se garer convenablement. De fait, le camion-remorque est reparti et l'huissier de justice a remis à Denis Peyrat un courrier lui signalant que la société avait décidé de procéder à ce fameux enlèvement le 28 juillet au matin… Hier, c'était un coup pour rien et Denis Peyrat avait le sourire de celui qui a réussi une bonne farce.

Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique Yvelines

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.