Il attendait que son élection comme Président du Conseil Général de la Corrèze soit entérinée, légitimant son statut d’homme politique, pour annoncer officiellement sa candidature à l’élection présidentielle de 2012. Voilà donc qui est fait.
Cette démarche a le mérite d’être claire.Car après l’agitation suscitée par les élections cantonales, les supputations quant à l’élection de 2012 vont bon train.En pleine débandade, la droite se demande si Sarkozy ne devrait pas déguerpir mais pour laisser la place à qui ?
A Copé, qui depuis un bon bout de temps, en fait le jour de son premier mariage, paraît-il, annonce qu’il sera le Président de la République ?
A Fillon, qui a pris ses distances avec les décisions sarkoziennes et, à l’ombre de l’Abbaye de Solesmes, bénéficie d’une certaine cote à droite.
A Juppé, qui est revenu dignement sauver les apparences d’une politique étrangère mercantile ?
Et à gauche également, la question mijote depuis longtemps, mais, au PS Martine Aubry refusait d’en parler, attendant semble-t-il, que DSK se prononce.
Et puis, alors que l’on savait que Marine Le Pen de toute façon se présenterait, un vent de panique a soufflé en constatant que les votes de la droite se reportaient sur elle dans les cas où un duel l’opposait à la gauche, rendant son élection à la présidence de la République tout à fait plausible.Si en 2002, un report massif des voix de gauche a élu Chirac avec 82.21 % de voix, il est possible qu’en cas de duel FN/Gauche, la droite préfère jouer le jeu inverse et donne ses voix au FN qui défend des thèses communautaristes et sécuritaires chères à l’UMP.Autrement dit, François Hollande ouvre officiellement et solennellement la campagne des élections présidentielles de 2012.Il l’ouvre avec sérieux par un discours sobre mais ferme que tous les gens de gauche, je crois, et beaucoup de droite ne peuvent qu’approuver :- Inacceptable le délabrement de la France d’aujourd’hui- Inacceptable l’institutionnalisation des divisions et de l’injustice entre citoyens- Insupportables les souffrances imposées au plus démunis- Inadmissibles les violences exercées au nom de la lutte contre l’insécurité- Intolérable un gouvernement sans direction, sans cap, sans moraleAlors qu’il y a tant à faire pour mettre en valeur les richesses de la France: pacte intergénérationnel, justice fiscale, sociale, territoriale, n’abandonner personne…
Et que la France a une place à tenir en Europe pour plus de démocratie, pour l’assainissement du marché, la défense des droits de l’Homme…Sera-t-il le prochain Président de la République ?Ce sera bien sûr aux français de le dire le moment venu, chaque personne ayant présenté son programme et ayant tenté d’en prouver sa capacité à le mener à bien.
La compétition sera rude car ce premier candidat, François Hollande, présente de très sérieux atouts. Le premier, à mes yeux, étant que, durant deux mandats comme Secrétaire Général au PS, il a réussi à faire fonctionner ensemble beaucoup de fortes et grosses têtes, insupportables, intraitables, ambitieuses. Sans cette direction menée avec finesse et fermeté, je crois que le PS n’existerait plus aujourd’hui, ou qu’il serait dans le même état de délabrement que l’UMP actuel.
Voici donc déjà en François Hollande un candidat solide et fiable. A d’autres de se mettre sur les rangs.