Ca pourrait ressembler a cela dans les communes. On va l'organiser sur le plan national !

Dans un village de la Drôme, la révolution participative est en marche !

par Lisa Giachino (L’âge de faire) 4 septembre 2014

A Saillans, dans la Drôme, une liste collégiale a remporté les municipales. Les habitants ont entièrement repensé le fonctionnement de la mairie, en s’appuyant sur les méthodes d’animation de l’éducation populaire. Depuis six mois, ils mettent en place des groupes action projet où se retrouvent élus et habitants, pour débattre des principales questions de la vie du village. Une petite révolution participative !

Cet article a initialement été publié dans le journal L’âge de faire.

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Fonctionnement collégial plutôt qu’organisation pyramidale

« Si j’avais géré seul l’éclairage public, j’aurais choisi des horaires standards », confie Joachim avec son accent allemand. Les citoyens vont beaucoup plus loin. » C’est en vertu de ce principe que le collectif avait préparé, bien avant les élections, sa petite révolution. Désormais, les habitants sont invités à prendre part aux décisions avant que les projets ne soient ficelés. Sur chaque grand domaine fixé par les élus, une commission thématique est ouverte à tous les habitants une ou deux fois par an. C’est lors de ces commissions que naissent les Gap, qui réunissent un petit nombre de citoyens autour d’un élu pour travailler sur un sujet précis. Plusieurs fois par mois, un comité de pilotage réunit les élus et les habitants volontaires pour rendre compte des travaux en cours, prendre des décisions, et valider les propositions des Gap. Un conseil des sages, constitué de personnes non élues qui ont soutenu la démarche, veille à ce que la gestion reste participative. Et le conseil municipal dans tout ça ? Il sert essentiellement aux votes et délibérations officiels.

Cette organisation a été élaborée par le collectif avant les élections. « On a fait un travail de fond, pendant deux mois, sur ce que c’est qu’un fonctionnement collégial », indique Fernand Karagiannis. C’est finalement à grand renfort de gommettes, de collages et de redécoupages, que les participants ont construit des institutions locales correspondant à leur projet.

« Tu t’attends à une discussion PMU… Et tac tac tac, gommettes ! »

Mercredi 21 mai. J’ai rendez-vous avec Vincent Beillard. En général, quand ses concitoyens l’appellent « M. le Maire », c’est une boutade : le collectif s’en serait bien passé, de maire. Mais il en fallait un, ainsi qu’un premier adjoint, par obligation légale. « J’étais au boulot quand ils m’ont désigné comme tête de liste, raconte Vincent. La décision a été prise en fonction des disponibilités de chacun. » Vincent a 42 ans et travaille deux ou trois nuits par semaine dans un établissement pour handicapés. Il est en binôme avec la première adjointe, Annie Morin, une enseignante à la retraite. A eux deux, ils gèrent les affaires du quotidien. « Mais on n’a pas plus de délégations que les autres élus », souligne Vincent.

On est au sous-sol de L’oignon, le bar associatif qu’il a contribué à lancer il y a quelques années. Des caves comme celles-ci, humides et voutées, il y en a plein le centre-ville, sous les maisons de pierres reliées par des ruelles. Assis dans un vieux fauteuil de cinéma, Vincent raconte comment Saillans s’est pris au jeu de la réflexion collective. C’était il y a un peu plus d’un an. Quelques personnes ont commencé à parler de la gestion communale. « Au fil des réunions, on s’est retrouvés une bonne quarantaine, se souvient Vincent. On voulait que les gens s’impliquent vraiment dans les décisions, et, pour tester nos idées, on a organisé une première réunion publique en novembre. »

Soigneusement préparée, cette soirée a marqué les esprits. Quelques membres du collectif connaissaient les méthodes d’animation de l’éducation populaire, et ont formé les autres. « On a expliqué la démarche pendant 10 minutes, puis on a fait de petits groupes pour que tout le monde puisse s’exprimer, raconte Vincent. A chaque table, un animateur était là pour poser un cadre et éviter les guerres de chapelles. Les groupes désignaient ensuite un représentant pour faire remonter leurs propositions, et chaque participant disposait de gommettes à placer sur les actions qui lui semblaient prioritaires. On s’est retrouvés, un peu dépassés, avec 120 personnes… . » Joachim Hirschler en rigole encore : « Tu t’attends à une discussion PMU, et là, tac-tac-tac, gommettes ! »

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Lisa Giachino, L’âge de faire

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