jean-marie gumy
Abonné·e de Mediapart

882 Billets

0 Édition

Billet de blog 22 août 2015

jean-marie gumy
Abonné·e de Mediapart

Réflexion autour de la politique européenne des migrations

jean-marie gumy
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Quel chemin emprunté quand une marée d'êtres humains se rue à nos frontières en demande d'accueil et d'avenir?

L'Europe suit-elle une bonne politique en la matière? Fait-elle tout ce qui est en son pouvoir pour donner des perspectives à ces personnes qui fuient leur pays d'origine pour diverses raisons? Donne-t-elle des garanties de démocratie à des gens qui fuient bien souvent des situations de guerre et de tyrannie? Rassure-t-elle en gestes et en actes les populations locales chargées d'intégrer et d'accepter en permanence et chez elles de nombreuses personnes qu'elles n'attendaient pas sur son territoire d'existence?

A priori, l'Europe répond actuellement assez mal à toutes ces questions. Primo, elle n'a aucune politique migratoire commune qui permet la répartition de ces populations migrantes de façon équitable sur tout le territoire européen. Secundo, elle met en place des camps de rétention pour les migrants, leur impose l'obligation de déposer leurs empreintes digitales dans le premier pays d'accueil, ce qui est à la fois totalement injustifié pour le pays d'accueil chargé seul de la gestion de ces foules d'êtres humains alors même que la situation économique du pays en question n'est pas forcément des meilleures (Grèce, Italie) et que les personnes n'ont pas forcément envie d'y vivre définitivement en attendant une très hypothétique réponse positive à leur demande d'asile. Un pays en détresse économique comme la Grèce ne peut à elle seule faire face à une surcharge de population. C'est un peu comme dire à une famille qui n'arrive que difficilement à vivre avec deux ou trois enfants, d'en prendre encore un ou deux à sa charge sans l'aide de personne...

Il est donc évident que de la liberté migratoire dépend aussi le salut de l'Europe dans son ensemble. Imaginons un seul instant que la Suisse bloque définitivement tous les migrants remontant d'Italie dans le canton du Tessin et que les autres cantons s'en lavent les mains, croyons-nous sérieusement que le Tessin pourra y faire face et que la population civile de ce canton ne va pas se révolter, poussée par les mouvements populistes et fascistes, et s'en prendre aux plus faibles, donc aux migrants eux-mêmes en semant la haine, le racisme, l'apartheid, et pire encore...une sorte de solution finale avec soit l'expulsion ou l'extermination de tous les migrants... Le blocage imposé des migrants dans le pays d'accueil est une politique criminelle de la part de l'Europe. Non seulement envers tous les migrants mais aussi envers les populations locales qui d'instinct sentent que leur situation propre d'existence est mise en danger par un afflux incontrôlable de personnes qui n'ont provisoirement aucune situation de subvenir à leurs besoins nécessaires (travail, logement, éducation, cours de langue et d'intégration).

L'Europe doit et peut changer sa politique migratoire. Le mouvement "No Border" se bat exactement pour cela. Vouloir marginaliser les anarchistes qui développent, de concert avec les migrants qu'ils protègent, des idées politiques nouvelles en matière de migration est totalement improductif. Il y aura encore des manifestations aux frontières de la part de ce mouvement aussi longtemps que l'Europe ne change pas sa politique dangereuse et criminelle envers des foules en détresse et envers ses propres populations locales chargées de s'occuper des flux migratoires gonflés artificiellement sur quelques lieux d'accueil à cause des blocus créés par une politique européenne complètement perverse qui met en danger la coexistence pacifique des migrants et des résidents.

Pour une politique différente, cohérente, et globale des migrations, le mouvement "No Border" se bat quotidiennement avec les moyens du bord qu'il a a sa disposition et un grand coeur d'humanité qu'il engage dans ses réflexion et ses actions.

Ce soir à Menton-Vintimille aura lieu une Xième manifestation du mouvement soudé par les liens profonds  unissant migrants et activistes européens. Les maires et autres autorités des villes concernées doivent comprendre que ces manifestations ne sont pas là pour perturber l'ordre publique dans un but de déstabilisation de la société, Elles sont là pour faire changer la politique européenne en matière de migration.

Jean-Marie Gumy, soutien du mouvement "No Border" de Vintimille-Menton.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Politique économique
Comment la Macronie a tourné le dos à la rationalité économique
Alors qu’en 2017, Emmanuel Macron se présentait comme le champion de « l’évaluation des réformes », il fait fi des évaluations scientifiques négatives sur sa politique économique. Désormais, sa seule boussole est sa politique en faveur du capital.
par Romaric Godin et Mathias Thépot
Journal
Projet de loi immigration : « Nous sommes sur des propositions racistes »
Le projet de loi immigration, porté par Gérald Darmanin, est discuté mardi 6 décembre à l’Assemblée nationale. L’occasion notamment de revenir sur les chiffres de « la délinquance des étrangers » avancés par le chef de l’État et le ministre de l’intérieur. 
par À l’air libre
Journal — Habitat
Faute de logement, des mères restent à l’hôpital avec leurs enfants
À l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis, sept femmes sont accueillies sans raison médicale. En cause : la  saturation de l’hébergement d’urgence. Maïrame, mère d’un bébé de cinq mois, témoigne. 
par Faïza Zerouala
Journal — Travail
Grève chez Sanofi : « Ponctionner les actionnaires pour augmenter les salaires »
Démarré le 14 novembre, le conflit social chez le géant français du médicament touche désormais une quinzaine de sites. Reportage à Montpellier, où les « petits salaires » de l’entreprise sont mobilisés pour une hausse des rémunérations.
par Cécile Hautefeuille

La sélection du Club

Billet d’édition
2. B.B. King et la légende de Lucille
Il suffit d’avoir admiré son jeu tout en finesse et en agressivité contenue, d’avoir vécu l’émotion provenant du vibrato magique de sa guitare, d’avoir profité de sa bonhomie joviale et communicative sur scène, de son humilité, et de sa gentillesse, pour comprendre qu’il n’a pas usurpé le titre de King of the Blues.
par Zantrop
Billet de blog
Anne Sylvestre : manège ré-enchanté
Tournicoti-tournicota ! On savait l'artiste Anne Sylvestre facétieuse, y compris à l'égard de ses jeunes auditeurs, fabulettement grandis au rythme de ses chansons, alors qu'elle ne cessa pas de s'adresser aussi aux adultes irrésolus que nous demeurons. Presque au point de la croire ressuscitée, grâce à l'initiative de la publication d'un ultime mini album.
par Denys Laboutière
Billet de blog
Rap et théorie postcoloniale : sur « Identité remarquable » de Younès Boucif
« Un Arabe qui fait du rap y’a pas grand-chose d’original », rappait Younès dans « J’me rappelle ». Mais quid d’un Arabe qui rappe, joue (au cinéma, au théâtre), écrit des romans, manage et se fait parfois, à ses heures perdues, documentariste ? À l'occasion de la sortie de son album, retour sur la trajectoire d'un artiste aux talents multiples.
par Matti Leprêtre
Billet de blog
L'amour trouvera un chemin
Dans la sainte trinité du jazz, et sa confrérie du souffle, on comptait le Père (John Coltrane), le Fils (Pharoah Sanders) et le Saint-Esprit (Albert Ayler). Il est peu dire que le décès de Pharoah Sanders, le 24 septembre dernier, est une grande perte. L'impact de son jeu, du son qu'il a développé, de ses compositions et de sa quête vers la vérité, est immense.
par Arnaud Simetiere