Au village,
le juge avait prononcé le verdict:
"Il était irresponsable."
On n'est pas sérieux
quand on a 17 ans.
On est très bavard avec les SS.
On collabore avec la Gestapo.
On se fait l'ami de l'ennemi.
Et on vend la peau
des résistants du peuple
à l'ennemi juré.
Mais on n'est pas sérieux
quand on a 17 ans.
On devient plus tard
l'épicier le plus puissant
de la France néolibérale
et on reçoit la Légion d'honneur
dans ce pays qui n'a plus d'honneur
sous les présidences Sarkozy et Hollande.
On ne se souvient plus
de François Pengam
"Francic" pour les intimes
jeune résistant au nazisme de 19 ans,
torturé, disparu, fusillé,
démembré ou brûlé, enterré
quelque part sur la terre de France.
On est devenu le maître
de la surconsommation,
le discounter au sommet
du CAC 40.
On est le fils de l'homme
et on condamne fermement 1789
et l'homme de fiction de 2017
tandis que son propre père
s' acoquinait hier avec les SS.
Le fils qui aujourd'hui
se tient au sommet
de la Ripoublique Economique Mondiale.
Il n'y a pas de cause à effet.
On ne naît pas criminel
de père en fils
surtout si l'Etat lui-même absout
le jeu trouble de la famille
et distribue la Légion d'honneur
au même titre qu'à un certain roi
de la Charabia d'Arabie.
On ne naît pas criminel.
On le devient pour une orange volée
chez l'épicier Leclerc.
On ne naît pas révolutionnaire.
On le devient par force d'idéal.
Aujourd'hui,
Il n'y a qu'un effet papillon permanent
pour déclencher la révolution de 2017.
Carmen
Agrandissement : Illustration 2
Il était une fois François Pengam
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/le-passe-trouble-d-edouard-leclerc_886250.html