Il y a un an, j’étais chez un ami à Toulouse qui imaginait les Français tous dans la rue à réclamer la démission de celui qu’ils avaient élus 12 mois auparavant.
C’est un Gaulliste passé chez les socialistes, certains se diront qu’il aurait pu rejoindre Bayrou, ça je sais que c’était impossible, d’abord parce qu’il était un Gaulliste de gauche, ensuite parce qu’il a eu à faire à Bayrou lorsqu’il était directeur de radio.
Comme je travaillais avec lui à cette époque je peux témoigner qu’effectivement Bayrou est un pénible, imbu de lui-même, c’est en tout cas l’impression qu’il nous a laissé.
Maintenant, si un jour il n’y a que lui pour nous débarrasser de l’autre nous n’hésiterons pas.
Remarquez nous avons intérêt, à gauche, à nous préparer à cette éventualité vu ce que nous prépare le PS pour les trois ans qui viennent.
Vous avez peut être appris comme moi que Solférino venait d’embaucher un « monsieur idées », je suis gentil, j’ai mis un « s » à idée, « Ses missions : travailler avec Martine Aubry, notamment sur ses discours et ses prises de positions, et coordonner les socialistes, experts, personnalités qui travaillent sur des questions thématiques. Un « Monsieur Idées », en somme, dont la mission est de contribuer à élaborer le projet du PS pour la future présidentielle. » (source bakchich)Il s’appelle Alexis Dalem, il a 35 ans et était jusque-là membre du cabinet de Claude Bartolone au conseil général de Seine-Saint-Denis.Vous ne connaissiez pas ? Normal, c’est un homme de cabinet, un homme de l’ombre, il en faut.Moi je l’avais remarqué, août 2006, ce normalien s’était déjà intéressé à la présidentielle en publiant une tribune dans Le Monde, intitulée le péril Royal...
A l’époque je m’étais interrogé sur l’oportunité de descendre en flamme une des trois candidats à la candidature socialiste.J’avais bien sur compris qu’il faisait ça pour Fabius, toujours en lice à l’époque mais déjà je me demandais si, une fois le candidat désigné nous n’allions pas payer très cher toutes ses vacheries que la droite Sarkozyste archivait tranquillement.C’est donc un Ségophobe qui va écrire les discours de Martine et coordonner les socialistes, bien, bien.Le problème c’est que notre « monsieur idées » ne risque pas de nous aider beaucoup à évoluer dans notre compréhension des problèmes rencontrés par le PS ces dernières années.Dans la même tribune publié par le Monde il lachait cette formidable analyse.« Depuis 2002, celui-ci a peiné à s’imposer dans le paysage politique comme une force de gouvernement crédible face à la droite. Un double diagnostic s’est installé : les socialistes n’auraient rien à proposer et le PS souffrirait de la division de ses chefs. Cette image, c’est le résultat de plus de dix ans de hollando-jospinisme. Alors que Lionel Jospin a abandonné le parti en piteux état en 2002, l’action du premier secrétaire qu’il a installé - François Hollande - a encore aggravé la crise. Aucun véritable bilan du jospinisme n’a été établi. Pis, faute de stature politique, de vision à long terme et d’épaisseur intellectuelle, François Hollande n’a jamais réussi à établir une crédibilité politique. Il a pallié cette absence par une stratégie de division qui lui permettait de s’imposer comme recours en forme de "plus petit dénominateur commun". Cette stratégie a culminé lorsqu’il a provoqué un référendum sur la Constitution européenne. »Voilà donc un bonhomme qui n’a pas oublié le congrès de Rennes et qui règle encore de vieux comptes avec Jospin (pour rappel c’est au congrès de Rennes que Fabiusien et Jospinien se sont déchirés la gueule et ont mis le PS en mille morceaux), ce garçon oublie que son mentor a été avec DSK « parmi les plus fervents partisans et pratiquant d’une déréglementation social libéral quand ils étaient ministre de l’économie», c’est dommage.Il y a aussi les grandes analyses de François Lamy, député de l’Essonne et bras-droit de Martine Aubry qui estime qu’au soir du 7 juin, il se pourrait que l’addition des voix du PS et des autres forces de gauche (écologistes compris) soit majoritaire dans le pays ou proche de l’être.
Lui il fait parti de ceux qui pensent qu’il y a des « élections imperdables », alors ce gros malin nous dit « un rapprochement avec les centristes n’est pas forcément inévitable en 2012. ».
J’ai peur qu’il soit de ces socialistes qui vivent dans un autre monde.
Lorsque je regarde les derniers sondages pour les Européennes : PS -23%-, NPA -7%-, PdG -6%-, Europe-Ecologie -10%-... nous sommes loin de la majorité sachant qu’en plus il y a pour l’instant près de 60% d’abstention.Il a bien raison le Bayrou d’attendre tranquillement 2012 perché sur son tracteur, pour l’instant le PS est toujours dirigé par des gens largués.