Voilà, je l’ai lu ce livre et il me manque déjà, j’aime ces histoires humaines, moi le lecteur de polar mais c’est vrai qu’il y a aussi beaucoup d’humanité dans la série noire, d’ailleurs Ségolène Royal comme moi adore Fred Vargas…et voilà, j’en imagine déjà quelques uns qui ricanent derrière leur écran, oh ! Elle aime Fred Vargas comme lui, le pauvre chou, encore un amoureux transis de la madone du Poitou, vous voyez, je connais mes classiques, normal, comme elle je me suis habitué à ce qu’existe cette médiocrité.
Et pourtant, ça peut être un été sur la terrasse du café de la place ou tout va bien, il fait chaud, la bière a été servie à bonne température et il est trop tôt pour être dérangé par la foule, détendu on ouvre son magazine en prenant une petite gorgée de cette bière bien fraîche et là on pose une fois de plus son regard sur le paysage et l’on se dit, p’tain, j’habite vraiment un beau pays !
Et l’on se dit aussi que les gens qui le peuplent sont quand même des gens formidables, qu’il ne faut pas douter de ça mais qu’il est normal aussi que puisse arriver un gros beauf en sandales et gourmettes qui houspille sa femme et qui fini par gâcher complètement ce début d’après midi au soleil.
Normal aussi que ce même beauf rejoigne d’autres gens qui finissent par faire une majorité qui t’impose ce pire président et sa médiocre politique ?
C’est là, uniquement là que je deviens profondément intolérant et si nous devions vivre avec une pancarte autour du cou avec inscrit dessus pour qui on a voté je serais capable de changer de trottoir chaque fois que je croiserais un Sarkozyste.
Page 111 et 112 « femme debout »
Vous êtes courageuse, c’est évident. C’est d’ailleurs l’une des qualités que vous concèdent unanimement vos adversaires de gauche comme de droite. Toujours à l’abordage.
A l’abordage, ça me va bien comme expression. C’est joli.
Et pourtant, vous ne parvenez pas non plus à vous défaire de cette image qui semble vous coûter plus qu’elle ne vous rapporte. Cette image presque sectaire dans un monde ou le consensus généralisé s’installe lentement.Mais encore une fois je m’en fiche. J’entends le discours de « raison ». Il faut être raisonnable. Allez, brave gens, soyez raisonnables. Eh bien, moi, je ne suis pas raisonnable avec cette fausse raison qui n’en est pas une. Je vais vous raconter une histoire. L’autre jour, j’étais au café avec un ami. Je parle, je ris, on passe l’actualité en revue. Et soudain le serveur arrive à ma table et me tend un papier. Sur lequel je lis : « Madame, vous déshonorez la France, vous déshonorez la politique avec vos déclarations et votre comportement ». Le type avait griffonné ça et me l’avait fait passer avant de payer et de partir. Je n’ai jamais su qui c’était. Le serveur me l’a décrit comme âgé, bourgeois, très à l’aise. En sortant, des gens m’ont demandé de me prendre en photo. Ils souriaient. C’étaient visiblement des gens assez simples. Eh bien voilà, ça résume assez bien mon lien avec ce pays : des sectaires de droites qui griffonnent des papiers, se sauvent comme des voleurs, et des gens simples, moyens, qui prennent des photos, me touchent le bras et me disent : « Allez-y, Ségolène, continuez. »