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Billet de blog 19 mars 2012

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Sarkozy et les affaires : l’omerta rompue par Royal

Notre confrère Renaudot, dans un article publié ce jour sur Ze Rédac, regrette que l’équipe de François Hollande soit insuffisamment à la bataille quand celle de Nicolas Sarkozy fait feu de tout bois vert. Renaudot aurait pu préciser : l’entourage de François Hollande sauf Ségolène Royal.

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Notre confrère Renaudot, dans un article publié ce jour sur Ze Rédac, regrette que l’équipe de François Hollande soit insuffisamment à la bataille quand celle de Nicolas Sarkozy fait feu de tout bois vert. Renaudot aurait pu préciser : l’entourage de François Hollande sauf Ségolène Royal.

Cohérente et admirable dans le chemin qu’elle s’est choisie, Ségolène Royal qui sait d’expérience la nécessité de monter au créneau lorsque le candidat doit lui rester en dehors de la polémique, a choisi hier soir sur France 5 dans l’émission C Politique de frapper Nicolas Sarkozy brutalement là où ça fait mal : sur les affaires politico-financières qui rôdent autour de lui.

Le coup est d’autant plus rude que depuis le début de la campagne, l’omerta régnait : à part Laurence Ferrari que les siciliens ont depuis rappelé à l’ordre, pas une seule question de journalistes sur les affaires. Une sorte d’immunité médiatique. On ne sait jamais, si Nicolas Sarkozy gagnait tout de même la présidentielle, il vaut mieux être prudent, sauf à se retrouver correspondant à Tirana (selon le bon mot de Dante dans un précédent papier). Pour comprendre tout l’incongruité de cette situation, imaginez tout simplement comment se comporterait la presse américaine avec un candidat à la présidentielle se trouvant dans la même situation…

A voir les cris de vierges effarouchées poussés ce matin par la coterie UMPiste, avec la finesse qui la caractérise, on sent bien que l’ex-candidate à la présidentielle a dévoilé le pot aux roses en accusant Nicolas Sarkozy d’avoir peur d’être rattrapé par les affaires en cas de non-réélection, protégé qu’il est actuellement, comme Jacques Chirac en son temps, par l’immunité présidentielle. Immunité qui, soit dit en passant, couvre également l’entourage du président, depuis un arrêt de la Cour d’appel de Paris au sujet des sondages commandés par l’Elysée à Patrick Buisson le conseiller occulte et influent de Nicolas Sarkozy.

Placer des hommes-liges aux postes influents de la magistrature comme cela a été fait de manière outrancière depuis cinq ans, ne suffit pas. Il se trouve toujours un juge d’instruction n’ayant rien compris au film pour enquêter. Donner des instructions au parquet sur certaines affaires – Jean-Louis Nadal, ancien procureur général de la Cour de cassation, dénonce un sentiment de corruption publique (tiens, tiens, ça ne vous rappelle rien ?!) – n’empêche pas toujours la poursuite de certaines procédures.

Cette immunité présidentielle est donc pratique et on comprend que tout ce petit monde ait peur d’en être privé quand on voit la somme des affaires qui approchent ou touchent le président sortant ou son entourage direct, avec à chaque fois des informations judiciaires ouvertes. La liste donne le tournis, provoque la nausée.

L’appel de Bernard Tapie au journal de 20H de France2 hier soir à voter Nicolas Sarkozy aurait dû susciter une question de Laurent Delahousse sur un éventuel lien entre ce soutien et les 285 millions d’euros que l’Etat lui a attribués alors même que celui-ci avait gagné devant la Cour de cassation. Pour mémoire, une enquête vise l’ancienne ministre de l’Economie et des finances de Nicolas Sarkozy pour «complicité de détournement de fonds publics et de faux».

Les derniers développements de l’affaire Karachi, particulièrement grave car des hommes sont morts, appellent au moins une question qu’on a pas entendu dans les émissions auxquelles le président sortant a participé : Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget, a-t-il validé un circuit des commissions occultes dont une partie a servi à financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995 ?

Pas relayée la question qu’a osée Laurence Ferrari – et il faut lui en rendre hommage même si elle n’a fait que son travail – sur les soupçons de financement de la campagne de 2007 par Kadhafi. Peu reprise l’information du Canard Enchaîné sur le soutien à Nicolas Sarkozy de Gérard Depardieu sous forme de renvoi d’ascenseur. Peu repris non plus l’excellent travail d’investigation réalisé par Médiapart sur les affaires.

C’est pourquoi le coup de pied dans la fourmilière donné par Ségolène Royal est non seulement un bon coup politique mais également un acte de salubrité publique tout autant qu’un appel au courage de dire la vérité. Puisse-t-il être entendu…

http://zeredac.com/2012/03/19/sarkozy-et-les-affaires-lomerta-rompue-par-royal/

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