Se faire bourrer le mou

Etre trompé, dupé. « Ma mère s'est fait bourrer le mou par un vendeur de cuisine ». C’est sympa la langue Française quand elle est populaire, les images sont vives et percutantes.
  1. Etre trompé, dupé.

« Ma mère s'est fait bourrer le mou par un vendeur de cuisine ». C’est sympa la langue Française quand elle est populaire, les images sont vives et percutantes.

En écoutant "Médiapolis" de Field sur Europe1 cette expression m’est venue tout de suite à l’esprit, ils ne font plus du journalisme que je me suis dit, ils passent leur temps à nous bourrer le mou.Vous avez remarqué qu’aujourd’hui les « grands » noms du journalisme passent plus de temps à vouloir nous éclairer de leurs analyses qu’à nous informer, ils sont la parfaite illustration de ce sketch de Coluche sur les fameux milieux bien informés.Arrêtons nous un instant sur leur analyse de la situation de Ségolène Royal pour le congrès puisque cela avait l'air de les passionner.

Elle serait au plus mal dans les sondages, plusieurs grosses fédérations l’auraient lâchée et plusieurs concurrents socialistes lui seraient passés devant.

Ils seraient donc "bien informés", mouaih, en fin de compte ils ont lus comme moi quelques sondages réalisés auprés des Français panélisés et qui adorent ça dont certains se déclarent sympathisants du PS.

La plupart du temps chez les sympathisants Delanoé et Royal sont dans un mouchoir de poche et Aubry un peu derrière.

Côté grosses fédérations, certes Royal n'a pas retrouvée toutes celles qui l'ont soutenues pour la désignation à la candidature en 2006 mais à chaque congrès c'est à peu prés la même chose, les grosses fédés attendent de voir et comme elles ne sont pas plus derrière les autres cela n'a que peu d'importance pour l'instant.

J'ai donc la facheuse impression qu'ils travaillent au doigt mouillé, le matin ils vont sur leur balcons, mettent un doigt dans la bouche et une fois qu’ils l’ont agité au grand air trouvent toutes les réponses aux questions que l’on se posent.Ils font vraiment un beau métier, franchement !Non, s’ils voulaient vraiment faire leur métier ils seraient beaucoup plus prudents et n’annonceraient pas que la dirigeante socialiste qui recueille plus de 6000 signatures de militants pour sa contribution, c'est-à-dire autant que toutes les autres réunis et qui vient de vendre 29000 exemplaires d’un livre ardus est à la ramasse.Ils ne l’accuseraient pas non plus de vouloir passer aujourd’hui pour l’opposante n°1 de Sarkozy car ou étaient ils lorsqu’au mois d’Août 2007 pour sa rentrée politique, 3 mois après le second tour de la présidentielle ou il y avait encore en France plus de 60% d’ahuris même parmi les socialistes elle disait « quel est le bilan aujourd’hui de la politique conduite ? On donne beaucoup à ceux qui ont beaucoup, un peu à ceux qui ont un peu et rien à ceux qui n’ont rien » si ce n’était pas de l’opposition alors c’était quoi !Ah, mais peut être qu’aujourd’hui, devant un bilan aussi formidable que celui que nous propose Sarkozy toutes critiques ne peuvent être que des gesticulations pour exister, du pur populisme sans doute.Ils ont donc décidés de changer de métier, désormais ils ne font plus de journalisme ils font du bourrage de mou, très bien mais alors pas avec moi si vous me le permettez.

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