Le 1er mai de tous les dangers Par Dante

Défilé syndical lors des manifs contre la réforme des retraites - © Razak

Défilé syndical lors des manifs contre la réforme des retraites - © Razak

 

François Chèrèque le dit tout net dans libération ce matin : le discours de Nicolas Sarkozy n’est plus supportable. Pour la première fois sous la Vème, les syndicats s’engagent vraiment dans la bataille en appelant clairement à battre Nicolas Sarkozy. Résultat d’une attitude intolérable du chef de l’Etat qui, candidat de l’UMP, n’en reste pas moins garant du pacte républicain. Malgré cette obligation politique, morale et républicaine, Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse, dans cette campagne de stigmatiser, d’insulter de faire siffler les syndicats dans les meetings, accusant même la CFDT d’ArcelorMittal d’être de faux syndicalistes face aux vrais travailleurs.

Il y a quelque chose de honteux dans ce comportement mais aussi de très calculé. Car que cherche Nicolas Sarkozy en s’invitant dans ce 1er mai, traditionnellement réservé aux travailleurs ?

Il cherche la confrontation. Il cherche cette fameuse majorité silencieuse convoquée sur les Champs-Elysées par le Général de Gaulle , en juin 68 après ce qu’il nommait la chienlit de Mai 68 . Et n’oublions qu’il s’agit de l’acte de naissance politique de Nicolas Sarkozy qui manifesta pour la première fois. Il était encore adolescent.

Tendre tous les ressorts, faire feu de tout bois, imprimer un rapport de force permanent jusqu’au bout pour démolir l’adversaire, le détruire.

Voilà l’art de la guerre Sarkozyste qui ressemble à s’y méprendre aux techniques habituelles des néo-conservateurs américains, façon Bush, conseillé par Karl Rove.

On peut donc s’attendre à un durcissement encore, mais est-ce possible, du discours Sarkozyste, à des provocations, pourquoi pas même à l’intérieur des cortèges.

Ce serait tout à fait dans la droite ligne de ce discours guerrier, réducteur, violent que tient le chef de l’Etat et son clan dans cette dernière ligne droite après avoir abaissé la campagne présidentielle à un niveau indigne de ce grand rendez-vous démocratique.

À la gauche de garder son sang froid, sa dignité face à cette ultra-droite et extrême-droite qui lui fera front le 1er mai. Sarkozy au Trocadéro, Le Pen au pied de la statue de Jeanne d’Arc. Face aux forces du progrès à Bastille.

Cette fois, la victoire est au bout et aucune majorité silencieuse ne viendra sauver Nicolas Sarkozy qui décidément perd son âme dans ce dernier combat.

http://zeredac.com/2012/04/30/le-1er-mai-de-tous-les-dangers/

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