Pourquoi je démissionne du Parti de Gauche.

Jean-Paul Revauger a publié ce texte sur sa page facebook et m'a autorisé à le reproduire ici.La richesse et la densité de ce texte texte font que je suis fier qu'il m'ait donné cette possibilité. Voici le texte :

Jean-Paul Revauger a publié ce texte sur sa page facebook et m'a autorisé à le reproduire ici.

La richesse et la densité de ce texte texte font que je suis fier qu'il m'ait donné cette possibilité. Voici le texte :

Pourquoi je démissionne du PG.

J’ai décidé de ne plus rester membre du PG, auquel j’ai adhéré dès 2009. J’ai longtemps hésité avant de prendre cette décision, mais je ne souhaite pas vivre dans la peau d’un opposant à la tendance dominante, car ce n’est ni utile ni agréable. Le PG n’a nullement réfléchi à la façon de réguler les divergences en son sein, ce qui est une faute majeure. 

Pouvoir ou protestation ? 
Le PG a tenté de constituer un espace politique à gauche du PS, de réaliser une synthèse entre socialisme et écologie, et de sortir le PCF de son glacis. Cette démarche était tout à fait méritoire, même si elle était peut-être un peu ambitieuse. 
Dans la situation dramatique où se trouve le pays, due en grande partie à la poursuite de politiques socio-économiques sacrifiant l’emploi ou nom du rétablissement de l’équilibre budgétaire et méprisant le monde du travail, notre devoir est de proposer une alternative crédible. Il faut parvenir à rassembler les forces vives de la gauche, au FDG mais aussi bien au-delà. Un très grand nombre de cadres et de militants socialistes sont en opposition avec la politique socio libérale de Hollande, mais ne sont pas prêts, aujourd’hui, à lâcher la proie pour l’ombre. Abandonner la vieille maison du PS, qui tient son rang face à une droite toujours aussi réactionnaire, ne peut être une option raisonnable pour les militants socialistes que si nous constituons une alternative sérieuse. La situation créée à Paris à l’occasion des Municipales devrait nous faire réfléchir : même le PC a préféré se contenter d’un ralliement peu glorieux au PS plutôt que de tenter l’aventure avec le FDG. Il faut donc abandonner la posture « tribunicienne » comme on disait à propos du PC de Georges Marchais, cesser de tenir des discours qui nous font plaisir mais nous condamnent à l’opposition permanente et à la marginalité. La politique, c’est la conquête du pouvoir, pas le discours. Il y a déjà un NPA, inutile d’en créer un second. Quelles que soient les relations personnelles entre nos leaders et ceux de la gauche du PS, qui semblent être un problème, il faut trouver le moyen de travailler politiquement ensemble, et de bâtir l’instrument politique dont nous avons besoin. Il est clair qu’il faut tourner la page ouverte au congrès d’Epinay, car le PS s’est perdu dans les sables du social libéralisme. Il faut dépasser le PS comme la SFIO a su dépasser le parti radical en son temps. Cela se fera dans la clarté, et sans sectarisme. Ce n’est pas en nous complaisant dans la posture gauchiste que nous y parviendrons.
Notre problème principal est que nous n’avons pas décidé si nous avions une culture de gestion ou une culture de protestation. La protestation fatigue et n’intéresse presque personne. 

Le parti.
Au-delà des difficultés actuelles du Front de Gauche, le PG me semble concevoir l’action militante soit comme une opération de promotion individuelle, soit comme la réplique de la pratique gauchiste ou écolo/gauchiste. Le PG réunit donc à la fois les travers du PS, qui est devenu avant tout une machine électorale sans principes assurant la promotion de ses dirigeants, grands ou minuscules, et ceux de la galaxie écolo-gauchiste bouillonnante et vitupérante. La culture de l’AG permanente et de la fébrilité activiste se combine harmonieusement avec les manœuvres d’appareil assurant la désignation ou la reconduite des candidats, du lider maximo jusqu’à l’échelon le plus humble.
J’ai la conviction que nos dirigeants n’ont pas réfléchi sérieusement à la question du parti, à la régulation interne, à la culture militante qu’il faudrait développer. Ils donnent l’impression de craindre les militants, et, en cas de crise, évoluent entre un autoritarisme rageur et la politique de l’autruche la plus laxiste. Le « parti creuset » est resté un vœu pieux, et les différentes cultures politiques sont restés intactes : on peut dire de lui ce que James Baldwin disait du melting pot américain : l’idée était bonne, mais on a oublié d’allumer le feu dessous. 
Par ailleurs, il est clair que le pouvoir est totalement centralisé au sein du PG, ou qu’il réside même en dehors de ses instances. Le texte d’orientation le plus important, résultant des assises de l’éco socialisme, n’a jamais été discuté ni à la base ni dans un congrès, mais concocté par un cénacle de gens intelligents et sympathiques. Il est clair que, dans ce contexte, le PG est très loin de se préoccuper de la façon dont les divergences entre militants de sensibilités différentes vont se régler…Qui peut dire aujourd’hui quelle a été l’utilité du congrès de Bordeaux ? Elle a été presque nulle.

L’Europe.
Notre fameux « parti creuset » est tiraillé, sur la question européenne, entre plusieurs influences idéologiques et est en fait incapable de forger une ligne originale. Il se contente de déclarations tactiques, et s’insurge de voir le FN dire à peu près la même chose que nous, ce qui est effectivement révélateur. Les militants de culture PC, ou les militants d’extrême gauche influencés par le PC, ont derrière eux 60 ans de discours de guerre froide, et d’opposition du PCF à l’intégration européenne. Ce n’est pas un grand mystère. Le projet européen a été effectivement conçu pour donner cohérence à l’Europe de l’Ouest, sous la houlette des USA, face au bloc de l’Est, et s’est construit autour d’une logique économique libérale. Les socialistes français, depuis les années 50, sont divisés sur la question. La fraction plus jacobine et républicaine de la gauche a été séduite par Chevènement, qui a poussé sa logique très personnelle jusqu’à une alliance avec les secteurs les plus réactionnaires de la droite patriotique avant de rentrer penaud dans la niche que le PS lui a conservée. Peut-être est-il temps de comprendre que la guerre froide est terminée depuis 25 ans ? Nous devons décider si oui ou non nous souhaitons l’approfondissement de l’intégration européenne, sur le plan politique et social. Bien sûr, la méthode choisie pour l’intégration – commencer par l’économie- s’est révélée efficace tactiquement pas catastrophique à long terme. Mais ce primat de l’économie sur le social et la politique n’est pas inéluctable. La question de fond reste bien : souhaitons-nous que les nations européennes partagent leurs souverainetés, et mettent un commun une partie d’entre elles, ou voulons nous rester dans le cadre national ? 
Je penche pour ma part pour l’intégration et la constitution d’un ensemble européen le plus cohérent possible, essentiellement pour des raisons géopolitiques : la nécessité d’éviter des conflits européens, et de constituer un ensemble assez vaste pour faire face aux enjeux mondiaux et aux pressions exercées par d’autres blocs et d’autres modèles. Nos valeurs, nos modes de régulation sociale, sont différents de ceux des USA, de la Russie, du monde islamique, de la Chine, et méritent d’être promus et défendus de toutes les façons. Je ne demande pas au PG de partager cette vision, mais je constate qu’il n’en a aucune. 
Cet objectif étant défini, il nous appartient aussi de dire quelle Europe nous souhaitons. Cette question a des dimensions institutionnelles, politiques et sociales, qui ne peuvent pas être tranchées a priori mais qui nécessitent un long travail de synthèse et de débat avec nos amis de la gauche européenne – que nous ne faisons presque pas. Nos députés européens ont la plupart du temps de bons réflexes, mais cela ne suffit pas. Les travaux de la confédération européenne des syndicats sont une aide précieuse, mais il faudra beaucoup de travail pour que nous nous mettions d’accord par exemple sur le type de régulation sociale que nous voulons. Voulons-nous un salaire minimum en Europe ? Placé à quel niveau par rapport aux minima sociaux ? La régulation emprunte des chemins différents d’un pays à un autre, le paritarisme est important ici, inexistant ailleurs. La protection sociale est ici liée au monde du travail, financée par des cotisations, ailleurs fiscalisée et déterminée au parlement. Si nous voulons un modèle social européen, il faudra d’abord nous mettre d’accord avant d’harmoniser. Voulons-nous des politiques d’indemnisation du chômage de type scandinave, « actives », ou de type universaliste à la française ? 
Dénoncer l’Europe au motif que les financiers la modèlent à leur image est un peu court. 
En troisième lieu, une fois les objectifs fixés, il nous faut bien sûr évaluer notre marge de manoeuvre, en tant que courant politique, et en tant que pays membre quand nous nous présentons devant les électeurs. En tant que courant, nous devons certes agir avec enthousiasme, car l’internationalisme a toujours une dimension affective forte, et agiter nos drapeaux, mais surtout définir une tactique commune, qui nous fait défaut aujourd’hui. Il faut un bureau permanent des partis de gauche à Bruxelles, qui travaille à plein temps sur le sujet. Face à la BCE, et au monde des experts économiques, cette mafia qui, depuis les années 1980, domine les gouvernements nationaux comme la Commission Européenne, acquise aux thèses des plus réactionnaires, obsédée par le contrôle des déficits budgétaires et la prévention de l’inflation, décidée à faire payer la note encore et toujours au monde du travail, il faut clairement afficher une autre politique pour l’Europe. Nous ne sommes pas seuls. Au niveau intellectuel, le courant keynésien relève la tête, et jouit d’une vraie influence aux Etats Unis, à l’image de Paul Krugman, prix Nobel d’économie. Il faut travailler cet aspect intellectuel des choses, car l’Europe, y compris les partis dits socialistes, reste prisonnière des conceptions des années 80 alors que le monde s’en émancipe. Obama a appelé à une politique de relance en Europe. Oui, nous pouvons faire, à quelques-uns, une politique de relance dans les grands investissements, et justifier un déficit budgétaire. Il faut oser bousculer Berlin (CDU et SPD confondus), mais si plusieurs pays ont la même ligne, notre chance de l’emporter est réelle. La valeur travail est au cœur de notre identité politique, nous devons tout faire pour remettre le travail et l’emploi au cœur des politiques publiques européennes et nationales, ce qu’ils ne sont plus depuis les années 80. 
Sur les questions de fond, il n’est tout simplement pas sérieux de dire tout et son contraire sur l’Euro, comme l’a fait JLM lors du congrès de Bordeaux (le vendredi soir on sort de l’Euro s’il le faut, le dimanche matin, on y reste)et de faire croire aux militants qu’il serait techniquement possible de permettre à la Banque de France d’émettre des Euros, de battre monnaie, sans le contrôle de la BCE, comme le fait notre commission économique. Battre monnaie signifie simplement sortir de l’Euro, qui nous a rendu et nous rend de fiers services. Nous avons des marges de manœuvre en Europe, inutilisées par Hollande : une politique de relance simultanée dans plusieurs pays européens, en dépit du diktat allemand, est possible, et impliquera un affrontement politique réel. Ne déconsidérons pas notre propos en faisant des propositions fantaisistes, qui ne font que flatter la fibre nationaliste. 
Il faut donc cesser de tenir des propos ambigus sur l’Europe comme nous le faisons, en ménageant les souverainistes de gauche comme les européens convaincus. Elle doit être profondément réformée, elle est le lieu d’affrontements entre cultures politiques différentes, mais elle est pour nous un atout et un point d’appui géopolitique. L’intégration doit se faire, mais ne sera pas simple. Une approche simpliste ne mène à rien. 

J’espère que les élections européennes ne donneront pas lieu à une fuite en avant démagogique, accusant l’Europe de tous les maux, alors que toutes les décisions européennes sont prises sur la recommandation des experts qui inspirent et dirigent les politiques nationales, y compris celles de Monsieur Hollande. C’est l’orientation politique qui pose problème, certainement pas le niveau de décision. Une mise en cause de l’intégration européenne ne revient qu’à déplacer le problème, et à encourager les discours nationalistes, en dédouanant nos dirigeants nationaux et les forces sociales dominantes qui guident leur politique. L’anti européisme du FN est bien normal, car détourner la colère des citoyens vers des boucs émissaires est sa principale fonction. Mais il serait vraiment paradoxal de voir la gauche renforcer ce discours, au lieu de le combattre sur le fond.

L’écologie.
Le projet stratégique de faire fusionner les démarches socialiste et écologique est un objectif idéologique à long terme, mais la tâche est difficile. Le socialisme a été une version du positivisme progressiste du 19ème, et le « développement des forces productives » a longtemps été un des principes de base du socialisme. Les politiques économiques social-démocrates étaient d’inspiration keynésienne, et restaient fondées sur la croissance et la stimulation de la demande. Il ne suffit pas de répéter comme un mantra que nous sommes « contre le productivisme » pour que cela ait un sens. Autant c’est compréhensible sur le plan agricole, et autant la dénonciation de l’obsolescence programmée des produits de consommation est importante, autant la satisfaction des besoins humains au plan mondial implique une augmentation de la production, des transports et de la fourniture d’énergie. Les enjeux environnementaux colossaux doivent certes être pris en compte mais ne sauraient justifier le discours qui, depuis les années 70 et les déclarations du club de Rome sur la croissance zéro, appellent le monde à la frugalité. Il y a assez de frugalité comme cela dans le monde ! Il faut donner un contenu réel à la planification écologique. Au lieu de cela, nous nous contentons de reprendre à notre compte les demandes et les slogans de la frange la plus extrême des écolos, en imaginant les détacher de leurs dirigeants, pourtant largement acquis au social libéralisme à quelques exceptions prés. L’addition de slogans écolos et de demandes issues du monde du travail ne constitue pas une ligne politique. 
Il n’est pas sérieux de laisser entendre que nous pouvons sortir du nucléaire, et « fermer les 58 centrales » comme le demande l’appel auquel nous nous associons à Bordeaux, alors que le nucléaire produit 80% de notre électricité, et que le gouvernement rose pâle/vert pâle n’est même pas parvenu à fermer une seule centrale. La sortie du nucléaire implique des solutions de remplacement nécessairement longues à mettre en œuvre, mais que notre pays n’a pas sérieusement recherchées. Or, nous nous opposons dans le même temps aux éoliennes au nom de la lutte contre le capitalisme vert … alors même que nous acceptons le principe de l’économie de marché. Le capitalisme vert, dûment régulé, semble pourtant bien préférable au capitalisme gris traditionnel. 
Il est pathétique de nous voir nous enfermer dans un face à face avec les autorités, y compris policières, à Notre Dame des Landes. Même si le projet d’aéroport est contestable, faut-il créer un abcès de fixation digne de la grande époque du Larzac ou des Zengakuren japonais des années 70 ? Je note que le FDG ne nous suit pas sur ce dossier, pas plus que sur le nucléaire. Notre opposition à tous les modes de transport à la fois (aérien, LGV, autoroutier) donne l’impression que notre mot d’ordre de « planification écologique » est vide de sens. Si nous nous inscrivons dans une perspective de relance de la production et de la croissance, il faut aborder sérieusement le problème des transports. Bordeaux est proche de la thrombose, en période de récession, et sera paralysée si l’activité repart, même si la croissance de demain s’avère plus verte que par le passé. Il faut des projets concrets et écologiquement responsables. Si nous voulons réduire le transport aérien et routier, il faut un plan d’investissement dans les transports en commun et dans le rail, y compris la LGV. Et tant mieux si cela relance la demande et la croissance, même au prix d’un déficit public.

Le Venezuela. 
Enfin, dans la grande tradition romantique, notre parti est allé chercher son inspiration au-delà des mers, sur les rives de l’Orénoque. La situation de l’Amérique du sud et en particulier au Venezuela est mouvante et intéressante, mais d’une très grande complexité. Notre soutien inconditionnel au régime de Chavez me parait fondé sur une analyse rapide de la situation dans ce pays. Une bonne partie des éléments d’information qui nous parviennent contredisent formellement les discours enthousiastes tenus par nos dirigeants. Il me parait vraisemblable qu’ils ne voient qu’un aspect des choses, comme André Gide lors de son voyage en URSS, ou beaucoup d’intellectuels français dans la Chine de la révolution culturelle. Je trouve que le PG est donc coupable d’imprudence en soutenant le régime actuel du Venezuela. Tous ceux qui taquinent l’Oncle Sam ne sont pas forcément fréquentables.

Conclusion. 
Il est impossible de savoir comment le FDG va sortir de sa crise actuelle. Je ne suis pas certain que l’adhésion directe soit une solution miracle, car je ne vois pas le PC l’accepter en donnant réellement aux adhérents le pouvoir d’influer sur la définition de la ligne politique. S’il s’agit simplement de faire des comités de colleurs d’affiches invités à débattre sans décider, et si la définition de la ligne reste l’apanage des directions des partis membres du cartel, il vaut mieux en rester au cartel, car il ne faut pas se moquer du monde. Le périmètre actuel du FDG est trop réduit, dans tous les cas de figure. Il faut trouver le moyen de travailler avec les socialistes en rupture avec la clique dirigeante actuelle. Je ne vois pas trop le rôle du PG dans ce processus, sinon sa fidélité à JLM, ce qui n’est pas rien, mais pas suffisant non plus pour justifier l’existence d’une organisation. 
Pour ma part, j’espère vivement que la configuration des choses va évoluer, et je serai heureux d’apporter mon concours au FDG où au rassemblement qui lui succèdera. J’espère que les militants socialistes qui font aujourd’hui entendre leur mécontentement et leur déception face à la politique du gouvernement rompront avec celui-ci et avec le social libéralisme dans des délais brefs et avant que la dérive ne les entraine trop loin. Le PS, comme tous les grands appareils, a une grande capacité de neutralisation des dissidences quand celles-ci trainent en longueur, le CERES en a fait l’expérience dans les années 80 : après des années de lutte interne, seule une poignée de militants a osé sauter le pas et créer le Mouvement des Citoyens. Une fraction des socialistes français a une maîtrise remarquable de la rhétorique de gauche, qu’elle combine sans aucune difficulté avec une gestion de droite : le journal de Guy Mollet, l’homme de la guerre d’Algérie, s’appelait bien « la lutte des classes ». Il est donc impossible de prévoir ce que le courant de gauche du PS deviendra. Néanmoins, la recomposition de la gauche est indispensable si celle-ci doit aller de l’avant.
Le PC hésite entre plusieurs options : la constitution d’un courant autonome grâce au FDG et le désir de sauvegarder à tout prix ses élus, au prix d’une compromission avec un PS dont ils condamnent la politique. On peut comprendre le pragmatisme de ceux qui, un peu comme Teng Hsiao Ping, disent « peu importe qu’une liste soit rouge ou rose pâle, l’important c’est que le PCF ait des élu ». Cette position est cependant peu lisible. Les municipales apportent la preuve que l’adhésion du PCF au FDG est toute relative et circonstancielle. La ligne « autonome » se heurte également à la culture identitaire et un peu sectaire de ceux des militants qui refusent la moindre alliance, et en sont restés à l’idée du parti d’avant-garde de type léniniste. L’héritage communiste comporte des choses très précieuses, un refus de la déférence face aux classes possédantes, une pratique sérieuse de la lutte sociale, une capacité à s’opposer avec courage aux aventures impériales. Il est un des héritiers de la tradition révolutionnaire française … mais il a aussi quelques caractéristiques problématiques, et l’inventaire n’a jamais été fait, à gauche.

Je sais que des tentatives de fédérer tout cela existent, dans le respect des différences. Des lieux de dialogue entre les diverses composantes de la gauche de la gauche se multiplient, et c’est à cela que je pense consacrer quelques efforts. 
Je souhaite bon courage à mes amis du PG, qui, eux aussi, cherchent le moyen de faire pencher les choses du bon côté, mais je pense que, en tant que tel, le PG, qui s’est rabougri au fil des mois, ne suffit plus à la tâche qu’il s’était confiée. 
JP Revauger

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