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Billet de blog 1 août 2024

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Les J.Ose

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La Seine n'attend plus que Macron. Lui qui a mis en scène la montée du RN. À ce titre, il a déjà de la merde plein les yeux. Aussi, on ne peut pas dire que pour Manu ça soit la forme olympique. Lui qui risque de se brûler les ailes avec la flamme démocratique qu'il esquive par un déni autoritaire. Quand les français l'attendent de pied ferme, à l'épreuve des poteaux façon Koh Lanta, avec sous ses pieds une marrée humaine de gaulois réfractaires qui voit rouge.

Lui qui règne à l'huile de coudes de CRS risque de perdre pied prochainement. Des oppositions risquent de s'installer à l'Élysée avec potentiellement un autre son de cloche. Jupiter risque d'atterrir sur terre, ça va faire mal pour lui. Vu qu'il s'est mis un pays de gaulois réfractaires à dos. Des têtes vont tomber, à commencer par ceux qui par leur fonction ministérielle ont pu éviter la case prison. Si ce n'est que Macron par une énième provocation, met en scène à l'ouverture des J.O un festin olympien lunaire dans une France où l'aide alimentaire peine à satisfaire le plus grand nombre. Avec pour cerise sur le gâteau un Schtroumpf lubrique incarné par un Philippe Catherine qui ne démord pas de sa redescente d'acide. La France, pays du bon goût a orchestré une ouverture des J.O en mode festival de la rondelle, telle la scène d'un livre de Bruno Le Maire qui doit avoir pour nègres Morandini et Palmade pour des détails croustillants qui ne s'inventent pas.

Des pays comme le Maroc et les USA ont coupé cette scène. On peut comprendre qu'à une heure de grande écoute, certaines images puissent choquer. Surtout que le côté " too much " de cette ouverture de cérémonie nous livre une vitrine progressiste exacerbée quand le reste du temps les minorités sont marginalisées. On regrette que le côté " provoc " de cette ouverture des J.O desserve le combat d'associations pour plus de reconnaissance des droits pour les minorités quelles qu'elles soient. Aussi, nous avons des raisons de croire que cette mise en scène grotesque des J.O alimente des clichés qui ont déjà la peau dure. Ceux visant à penser que l'existence des minorités sexuelles, notamment, se limiterait à incarner ni plus ni moins que des objets sexuels, sans grande perspective propre. D'autant plus que l'instrumentalisation des minorités au sens large est rédhibitoire dans le sens où ce moment de gloire télévisuel n'a pas donné l'occasion de faire avancer les causes des minorités. Cette scène d'ouverture des J.O a dévoilé un festin lubrique gargantuesque aux allures de revenge porn de la part d'individus censés représenter une certaine communauté. Histoire de mettre en branle la société conservatrice, le tout sous couvert d'art qui, malheureusement, ne suscitera pas d'éveil de consciences, bien au contraire. Autant dire un festival de clichés wokistes dans toute sa splendeur, alimentant des propos nauséabonds sur les uns et les autres. Aussi, on regrette qu'aucun athlète ou artiste n'ait profité de cette occasion pour faire passer des messages politiques. Mis à part, un boxer palestinien qui porta une chemise à l'effigie du massacre en cours en Palestine et en Cisjordanie. Dans une parade mercantile soporifique et aveuglante mettant en joie les citoyens pour festoyer sur une partie de leurs impôts qui partent en confettis quand la France compte 5 millions de pauvres, selon l'observatoire des inégalités. La mascarade est d'autant plus grande qu'elle a vu une équipe olympique composée de réfugiés qui a traversé Paris en bateau mouche sous les applaudissements. Une hypocrisie qui fait mouche quand, ces dernières années, on recense les corps de migrants inanimés qui s'échouent par milliers devant les portes silencieuses de la forteresse européenne. 

Tout bien considéré, les J.O nous dévoile la quintessence d'une société du spectacle qui pour Guy Débord, actionne un système de pensée visant pour les spectateurs à accepter leurs conditions, si ce n'est désirer leur servitude. 

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