Le sport incarne des valeurs libérales construites autour du culte du winner. Quand bien même, le sport affiche un caractère collectif, des individualités sont mises en avant. Un sportif on l'aime pour ses performances, or, quand il commence à donner son avis, hors opération de " coms " d'usages ( exemple soutenir une cause, une association, etc), ça défraie la chronique. Comment oublier, un Mohammed Ali qui n'avait pas sa langue dans sa poche et la tête bien pleine ? Assez pour qu'il donne l'impression d'être efficace, autant par ses poings que par sa joute verbale.
De nos jours l'argent qui afflue dans le sport, la vente de maillots, les publicités font que les joueurs ont une réelle valeur marchande. L'argent appel l'argent et, si certains s'inquiètent du trop plein d'argent dans le sport, on les déconseille de croiser les chiffres, de l'évasion fiscale.
Pour les dirigeants sportifs, le sport permet de s'attirer la sympathie populaire, de la part d'un public pas regardant, sur l'origine des fonds pour investir dans une équipe compétitive. Tel un blanchiment d'argent populaire à la vue de tous car tous les moyens sont bons pour gagner les championnats. Cette derniere remarque pourrait être la devise du capitalisme pour ne pas dire la raison de vivre de l'individu. Ainsi, le sport tend à naturaliser une société basée sur une compétition, à outrance. À ce titre, le sport s'institutionnalise ; et, pour ainsi dire, en parlant du football comme institution, ce sport ne semble pas échapper, aux dérives quand il y a beaucoup, en jeu. De l'attribution de la coupe du monde au Quatar, aux différentes affaires touchant Sepp Blatter, Platini et Noël Le Graet. Quant à ces noms cités, des questions persistent, comment peut-on rebondir aussi facilement, après autant de faits accablants. Ça doit être cela, le privilège blanc, une immunité qui renvoit à un rapport privilégié à la culture voire à la classe dominante. Cela permet quoi qu'il arrive, de retomber sur ces pattes. En taisant son côté coercitif, le sport laisse place au spectacle. En mettant en avant des sportifs performants et méritants pour faire oublier la structure qui les supporte via des administrateurs, tels que ceux qu'on a évoqués précèdemment qui s'accrochent à leurs biftecks comme d'autres à leurs privilèges.
Le sport peut aussi être instrumentalisé à des fins politiques et progressistes. À l'image d'une ouverture des J.O de Paris qui a aussi mis en scène un festin olympien lunaire dans une France où l'aide alimentaire refuse du monde. Avec comme cerise sur le gâteau, d'une sorte de diner clandestin, un Schtroumpf incarné par Philippe Catherine qui ne démord pas de sa redescente d'acide face à un Gabriel Attal privé de souper. Cette scene d'ouverture des J.O est digne d'un scénario lubrique potentiellement tiré d'un livre de Bruno Le Maire.
Des pays comme le Maroc et les USA ont coupé cette scène, on peut comprendre qu'à une heure de grande écoute, des images puissent choquer. Le côté " too much " de cette ouverture de cérémonie nous livre une vitrine progressiste quand la plupart du temps les minorités sont marginalisées. On regrette que le côté " provoc " de cette ouverture des J.O desserve le combat d'associations pour plus de reconnaissance des droits pour les minorités. Du fait que cette scène, des J.O alimentera probablement des clichés qui ont la peau dure. Ceux visant à penser notamment que les minorités sexuelles, se limitent à incarner des objets sexuels. D'autant plus que l'instrumentalisation des minorités sert ici de vitrine sociale, au sens où ce moment de gloire télévisuel n'a pas donné l'occasion de faire avancer les causes des minorités. Cette scène d'ouverture des J.O a dévoilé un festin gargantuesque aux allures de revenge porn comme reflet d'une société voyeuriste et narcissique. Le fait que cette scène soit incarné par des membres de la communauté LGBT ni change rien quand la choséification des corps comme objet de désirs est mis en scène au quotidien à travers les réseaux sociaux, les panneaux publicitaires, etc... Or, ici pour la société conservatrice, le scandale est d'autant plus grand que cette scène évoque pour cette société puritaine, un spectacle de " freaks " qui n'a sa place qu'aux zoos qu'il soient humains ou non. On regrette cependant que sous couvert d'art qui, malheureusement ici, ne suscitera pas d'éveil de consciences, bien au contraire. Cette scène des J.O telle une sorte de festival de clichés wokistes, alimentera des propos nauséabonds, sur les uns et les autres. Aussi, on regrette qu'aucun athlète ou artiste n'ait profité de cette occasion pour faire passer des messages politiques. À part, un boxer palestinien qui porta une chemise illustrant les massacres en Palestine et en Cisjordanie. Dans une parade mercantile soporifique et aveuglante mettant en joie les citoyens qui festoyent sur leurs impôts transformés en confettis quand la France compte 5 millions de pauvres, selon l'observatoire des inégalités. La mascarade d'altérité est d'autant plus grande, quand on a vu une équipe olympique composée de réfugiés traverser Paris en bateau sous les applaudissements quand, les migrants meurent par milliers aux pieds de la forteresse européenne.
Il faut dire que pour les basses couches sociales, bien trop souvent racisés, le sport de haut niveau représente probablement la seule forme d'ascenceur social. En, ces termes, pour le public racisé, il convient de soutenir le sport comme manifestation d'appartenance, à la tryptique classe/genre/race. Car mise à part, le sport de haut niveau, l'ascenceur social reste en piteux état pour ceux portant un nom de famille que d'autres aiment à rappeler d'origine étrangère. À croire qu'il n'y a que dans le sport de haut niveau, où ces noms sont retenues et énoncés correctement voire aduler comme potentielle gloire nationale. Le sport de haut niveau incarne un ascenceur social plus ou moins fonctionnel pour des minorités désabusées, les inscrivant dans un espace-temps qui leurs permet de briller entre deux spots publicitaires. Le sport comme signe identitaire à part entière, faisant tout aussi bien le jeu de la mondialisation. À savoir qu'un camerounais peut se sentir barcelonais, tout comme un slovaque madrilène. Le sport comme résultante continuelle, ou discontinue d'une socialisation qui peut-être à la fois primaire et secondaire. Le sport étant une culture populaire qui produit du savoir. L'aficionado n'ayant pas fait de grandes études peut faire valoir son analyse du sport, comme amour du jeu. Il faut dire aussi que la multiplication des sports, surtout que les plus populaires d'entre-eux consistent à mettre une balle dans une cage ou dans un panier, à l'image de la procréation. Cela nous laisse à penser qu'anthropologiquement le sport sert pour les hommes à combler le pouvoir naturel des femmes à donner la vie. Et pour cette raison, probablement que le sport est l'apanage des hommes quand le sport féminin passe plus ou moins sous les radars.
En somme, le sport incarne un fait social total, tout les pans de la société y sont représentés. Le politique instrumentalise l'effervescence populaire pour redorer son image. Le religieux via par exemple le débat sur des joueurs qui pratiquent le ramadan. Le social via l'effet d'appartenance que le sport produit en supportant telle ou telle équipe. L'économique par les moyens financiers qui sont considérables et aussi par les paris sportifs en ligne.
Sans évoquer, le racisme qui touche le sport, le racisme étant également un fait social total, en soi. Le corp des athlètes étant leur capital initial qui est sujet par moments à des commentaires essentialisants via des commentateurs tels que Thierry Roland. Ces corps s'animent dans de véritables arènes grecques pour performer au mieux devant un public exigeant. Même si, le sport permet un tant soit peu d'abaisser des barrières encore tenaces, aujourd'hui. Le sport reste un rituel, entretenant un semblant de vivre-ensemble qui prend selon une sauce capitaliste/nationaliste/populaire emmené par des performances collectives et/ou singulières.
En cela, les manifestions sportives internationales nous dévoile la quintessence d'une société du spectacle qui pour Guy Débord, actionne un système de pensée qui maintient les masses loin de la question sociale puisque le temps d'un jeu, le spectateur met de côté, sa condition sociale. Pour autant la souffrance qui est la resultante de la condition sociale du fan, ajouté à la soufffrance/performance de son idole ; eh bien ces souffrances communes font accepter, à tous, un sens de l'effort. Ce sens de l'effort engraisse par la réussite du sportif et la productivité des subalternes, les forces du capital. Celles qui ont d'ores et déjà toutes les cartes en main et, à ce jeu là, les arbitres paraissent bien timides ...