Blanche page, et noir stylo

Poème

 

 

 

Blanche page et noir stylo,
Tous deux inséparables
D'une harmonieuse inspiration
La promesse du bon mot
Face à l'angoisse de ce blanc inquiétant
Qui n'en finit plus, tel le monstre sous mon lit
La faucheuse à la lame bien aiguisée
Qui t'annonce que c'est bientôt fini
Non pas moi, pas maintenant,
Il y a tant à dire sur le monde
Qu'il faudrait plusieurs vies,
Pour entreprendre l'esquisse
De cette folie
Car le monde change

Mais les tourments demeurent, cet insatiable détracteur

D'un cœur qui se meurt
Je dois écrire
Écrire pour exister

Partager le souvenir de mes peines, de mes joies
Écrire avant que mon âme ne se noie, dans cette blanche page
Décrire les maux qui font rages, dans ma chair et dans mon cœur
Ah mes fidèles compagnons d'amertume, d'une vie non achevée, mais bien remplie

De bons vins et de poésie, ce jour tant redouté
Est sur le point de m'achever, loin des glorieuses batailles

Et des belles sirènes

Avant de partir, Laisse-moi une dernières fois Faucheuse
Cet instant où sur cette blanche page
L'écriture m'offre ce souffle nouveau
Quand la bougie s'éteint et l'aube jaillit
De poser des mots, quand la parole ne suffit plus
Pour partager mon émoi face à la folie des hommes
Seulement à ce moment-là, faucheuse
Finissons-en de mes peines
Comme un capitaine sur son navire
Je dois m'en aller, le stylo à la main

 

 

 

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