La nomination du kanak loyaliste Alcide Ponga au XVIIIe gouvernement de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie fait office de redescente d'acide pour un nationalisme kanak en pleine effervescence pendant le gouvernement précédent du kanak indépendantiste Louis Mapou. Pour ce dernier, le Dry January commence avant l'heure, et sa gueule de bois est là pour durer. Si ce n'est que le spleen d'une mise au vert a été forcé par ses enfants adoptifs de L'Éveil Océanien, qui marchent à peine et veulent des bottes de sept lieues.
Pour le compte d'un Alcide Ponga qui prend ses marques par des discours policés, lui qui fait office de Kanak de service pour combler les "on-dit" sur la réputation raciste des loyalistes, une réputation qui ne date pas d'hier. À ce sujet, la nomination d'Alcide Ponga est entre autres portée par le parti Calédonie Ensemble, un parti qu'on aimerait voir ensemble surtout devant les tribunaux. Quoi qu'il en soit, Alcide Ponga incarne à lui seul le prisme d'un argumentaire colonial qui cherche à se défaire de sa nature excluante. À savoir que monsieur Ponga symbolise dorénavant ce fameux "ami noir" que les racistes mettent en avant quand on leur fait remarquer leur discours discriminatoire, rétorquant alors par cette maxime célèbre : "Je ne suis pas raciste, j'ai un ami noir."
Au grand dam d'un Louis Mapou qui a bien des torts, mais à qui on ne peut reprocher de ne pas avoir "fait le taf", en étant force de proposition mais surtout de caractère. Et il en faut, du caractère, pour relever les défis qui nous attendent au tournant de l'histoire.
Ainsi, on attend de voir si Alcide Ponga fera preuve d'autant de caractère. Cependant, on est déjà en mesure d'éprouver des doutes concernant ce dernier point, vu qu'il incarne une figure de façade qui n'aura pas vraiment son mot à dire, juste à faire ce qu'on lui dit. Si bien qu'Alcide Ponga n'est que le pantomime d'un statu quo qui se cherche une légitimité, en colorant un tant soit peu le sommet des institutions avec une figure d'intégrité via une sorte de discrimination aussi positive que bancale.
À savoir qu'Alcide Ponga est le joker, voire le blackface, d'une droite dure coloniale en perte de vitesse, qui se cherche une légitimité en mettant en avant un Kanak de service comme vitrine sociale face à une Sonia Backes qui propose un apartheid sous couvert d'hyper-provincialisation. Forcément, il y a un coup à jouer pour des vieux loups de mer comme les loyalistes de Calédonie Ensemble, qui cherchent encore et toujours à nous diviser en désignant les bons et les mauvais Kanaks pour le compte d'un discours colonial. Un discours qui connaît son pic d'audience au fur et à mesure que la soupe xénophobe et sécuritaire, sous forme de bienséance patriarcale, bourgeoise et coloniale, prend à longueur de mandats loyalistes respectifs.
Dans tous les cas, on retiendra que monsieur Ponga prend ses fonctions au moment où ceux qui ont tiré et tué des Kanaks en pleine rue courent toujours. Et agiter un Alcide Ponga comme figure d'intégrité de la droite dure coloniale loyaliste n'y changera rien, quand les valeurs républicaines autour desquelles monsieur Ponga tentera de rassembler se sont dévoyées à travers le dégel électoral imposé par un État français qui, par ce procédé, nous a montré son vrai visage : celui de la répression.