La réciprocité dans l'échange, un fantasme occidental

La réciprocité dans le don maussien un fantasme occidental

« Pour les participants canaques ce qu'ils reçoivent n'est pas un contre don au sens de Marcel Mauss, mais l'annonce d'un don ultérieur en d'autres circonstances, la marque qu'ils sont venus et participé (...) 1».

« On ne donne ou ne reçoit pas exactement les mêmes choses, et surtout on n'a pas d'obligation de réciprocité immédiate. Au contraire, rendre l'équivalent serait injurieux, parce que pouvant être compris comme la manifestation d'un désir d'arrêter là la relation offerte par le premier don2 ».



Ce type d'échange comme nous le souligne l'océaniste Jean Guiart permet avant tout de préserver un lien social lors de rituels ou autre cérémonies. La réciprocité dans l'échange3 comme fantasme occidental4 insinuerait une liberté individuelle qui permettrai à l'une des parties de rompre le lien une fois que l'échange a été procédé. « Fantasme » puisque la relation n'a pas pour finalité la transaction en tant que telle, mais bel et bien la perpétuité du lien social qui prime avant toute chose, ce n'est pas tant la valeur de l'artéfact qui est en jeu mais la symbolique du lien, qui découle de l'échange, qui prévaut. Car cette relation de don-contre don ne s’arrête pas, aux deux seuls protagonistes qui interagissent mais d'avantages aux entités respectives qu'ils représentent de façon consciente ou alors malgré eux. Dès lors, ils ne sont pas vraiment libre, puisque le succès de l'échange, reposent sur leurs épaules. De la probable bonne entente entre clans, tribus, différentes ; mais encore la responsabilité d'une éventuelle hostilité pouvant se manifester sous diverses formes (mauvais sort, guerres tribales) selon la gravité de la situation. Cette interprétation maussienne réduirait l'individu à un simple « marchand d'art », cherchant pour lui et ses proches un investissement qui leurs permettraient de spéculer ( par la parole à un niveau symbolique, entre différentes individus de haut rang de la tribu du clan), via une titrisation d'une dette morale. À savoir, le fait qu'un totem soit restitué après un laps de temps plus moins important. C'est plus qu'un objet c'est l'honneur qui a été rendue. Ici va être analysé par l'entourage ( les individus expérimentés, les anciens) l'art et la manière de l'individu endetté de se libérer à la fois de sa dette morale, mais surtout d'un éventuel mauvais sort dont il a fait potentiellement l'objet, donc de sa façon d'interagir avec le monde à la fois visible et invisible, dans le respect bien entendu solennel de la coutume. C'est l'appropriation via l'action individuelle ou collectives du respect des normes émanant du groupe social concerné, donc de leurs intégrations mais surtout de la perpétuité des rîtes, comme partie intégrante de leurs identités, ainsi que de la reconnaissance de leurs statut social par les membres intra-extra tribales qui importent. C'est au niveau du statut de la personne avec qui on interagit qui va déterminé en partie la valeur du don5. L'individu de haut rang à travers l'échange6 transmet un peu de sa force à une personne de rang inférieur afin qu'il surmonte une étape ( deuils, rituels, mariage), de cette interaction va survenir une notion de responsabilité envers l'autre, qui s'avérera être une clef de réussite de la transmission.

« Les valeurs sont imaginées constituées avant les relations entre les hommes, alors que ce sont ces relations qui sont constituantes de ces valeurs. » 7

 

« La réciprocité du don peut-être le signe de la reconnaissance d'autrui comme autre être vivant. La réflexion, ici, est entre donateurs, et non plus entre l'homme et la nature. C'est cette réflexion qui permettrait de fonder la société comme système d'économie politique. » 8

 

 

Ce fantasme occidental servirait alors les théories d'un individualisme libérateur qui évoluerait de manière quasi-naturelle, tel un homo œconomicus naissant 9. Dans les sociétés modernes cette responsabilité dans l'échange s'efface peu à peu10, pour laisser place à une quête du profit. Au niveau des échanges, on s’aperçoit que cette notion s'obscurcie face à autant de vices cachés, d'asymétries d'informations11. Au niveau de la société civile le gap social entre riches et pauvres n'a jamais été aussi faramineux12. Dans les deux cas de figure ( société traditionnelle, société moderne) le don maussien peut caractériser une forme de rapports de force, toutefois il ne traduit pas nécessairement le même but sous-jacent. L'idée d'un geste de retour au don initial bien qu'il soit manifesté matériellement traduirait d'avantage une forme de bienveillance, de volonté de préserver un lien social dans les sociétés primitives tant l'appartenance à un groupe social, y est omnipotent. Ce geste transcenderait alors l'aspect matériel 13 du don-contre don entre les deux individus 14. Cet échange dans les sociétés traditionnelles ne traduit pas un rapport de force à proprement parlé mais plutôt un « transfert de force » de quelqu'un qui détient un forme de puissance manifeste15, envers un individu que l'on qualifiera de moins expérimentés, se révélant être un apprentissage de la vie coutumière face à des évènements qui questionne tout aussi bien le monde visible que le monde invisible. De ce lien social que l'on pourrait qualifier de « mystique », qui se manifeste à travers le don, tel un don de soi 16, voir un don d'une partie de son identité 17. Dans cette optique la dette ( qu'engendre le don ) est vécue comme une nécessité, puisqu'elle permet de perpétuer des rîtes intra-extra ethnique et assurerai un certain équilibre entre le monde visible et le monde invisible 18. Tandis que dans les sociétés contemporaine la dette traduit un rapport de force, un assujettissement, la dette y est perçu comme une contrainte. Cette partie nuance une interprétation qui consiste à se représenter l'émergence de l'individualité comme étant une évolution sociétale, influencé par un raisonnement dual ( le dynamisme contre la passivité, la modernité versus la tradition), analogue hérité des Siècles de Lumières, faisant les beaux-jours du rationalisme comme prémisse de la modernité occidental. Le « je » remplace le « nous » et la satisfaction des besoins individuelles priment sur le groupe, de telle sorte que Tonnies qualifie cette évolution de « perversion du lien social » ( Sylvie Mesure, 2013).

 

 

 

« Certains auteurs tentent de faire apparaître l’échange comme une forme évoluée de la réciprocité, ce qui revient à interpréter la réciprocité des dons comme une forme archaïque de l’économie. La thèse repose sur l’idée de Marcel Mauss que les communautés d’origine, fascinées par le sens qui naît de la réciprocité, mélangeaient relations objectives et subjectives, matérielles et spirituelles. Avec le temps, ces prestations dites totales se scinderaient en relations intersubjectives (de réciprocité pure), à la base du Droit et de la Morale, et relations objectives qui pourraient être soumises à l’intérêt propre des individus.

 

Dès lors que la paix, la confiance et la compréhension mutuelle sont établies par une forme de réciprocité minimum, les hommes peuvent donner libre cours à toutes leurs envies… À partir du XVIIIe siècle, l’échange s’impose en effet dans les sociétés occidentales. Les transactions entre les hommes ne sont plus envisagées pour les valeurs humaines que la réciprocité engendre mais de plus en plus pour la valeur d’échange, qui par ailleurs se modifie : elle n’est plus un moyen terme entre deux marchandises, mais un pouvoir d’accumulation qui permettra bientôt aux uns de définir le prix du travail des autres à leur avantage. » 19

 

Cette dernière citation nuance le fait que celui qui offre son travail, n'a pas le choix de le faire, soit il travail, ou il meurt 20. Ce marché serait alors une « fiction théorique », d'après Kako Nubukpo qui reprend la pensée de John Maynard Keynes21, en soulignant que le terme « marché est employé ici, dans le but d'assumer sans le dire la violence du système capitalisme ». 22

 

« La plantation n'était cependant pas qu'un dispositif économique. Pour les esclaves transplantés dans le Nouveau Monde, elle était aussi la scène où se jouait un autre commencement. Ici, débutait une vie désormais vécue selon un principe pour l'essentiel racial. Mais, loin de n'être qu'un pur signifiant biologique, la race ainsi étendue renvoyait à un corps sans monde et hors sol, un corps d'énergie combustible, une sorte de double de la nature que l'on pouvait par le travail, transformer en stock ou fonds disponible. » 23

 

Sous prétexte de différences ( raciales, sociales, politiques, etc) tout est bon pour se déresponsabiliser vis à vis de l'autre, afin de se centrer sur son intérêt. Dans cette optique, le racisme n'est pas un phénomène étonnant, il ne jaillit pas de nul part, à titre d'exemple lors d'un match de foot, ou autres campagnes politiques. Il est un « héritage historique et social », car le Nouveau comme l'Ancien Monde se sont construit sur la distinction raciale ( l'esclavage/ la colonisation) et/ou sociale ( la lutte des classes).

 

« Un racisme constant dans la forme et dans le venin (…) permet d'étendre ou de contracter, selon les besoins et dans un espace-temps particulier, le nombre de ceux qui sont disponibles pour les salaires les plus bas et les rôles économiques les moins gratifiants. (…) Il fournit une base non méritocratique pour justifier l'inégalité.(...) C'est précisément parce qu'il est doctrinairement anti-universaliste que le racisme aide au maintien du capitalisme en tant que système. » 24



D'où l’ambiguïté du politique qui se targue en période électorale, scandant que la différence est une richesse 25. En période  de chômage, le discours politique diverge la différence ( le communautarisme) est soudain, une menace à l'unité nationale 26. Toujours est-il que le capitalisme nécessite toute la force productive pour sa pleine expression. L'accumulation de capital s'octroie justement par la différence. Celle pourtant qui menace vraisemblablement l'unité nationale, à savoir la mauvaise répartition de la valeur ajoutée 27.

« Une autre source de la pensée raciale a été le « darwinisme social », qui a promu une vision hiérarchique du monde en interprétant les inégalités sociales comme naturelles et les tentatives d'y remédier comme une menace de submersion des supérieurs par les inférieurs, un risque de dégénérescence. Telle est l'origine de l'eugénisme. Ces exemples illustrent l'existence d'une matrice commune au nationalisme, au racisme et aux conceptions hiérarchiques de la société  » 28

 

Pourtant dans un système capitaliste la réciprocité/égalité en tant que telle est ambiguë, car « l'égalité des chances » renvoie dans sa finalité, à une forme « équitable d'accumulation de richesse ». Or, cette dite accumulation ne peut s'effectuer qu'au détriment d'un autre être vivant. Donc cette égalité conduit inexorablement à une domination envers un tiers quel qu'il soit ( humain, animal ou végétal). Dans cette optique capitaliste, l'égalité n'est donc pas concevable dans son sens originelle. Comparé aux sociétés traditionnelles qui favorisent l'accumulation d'expérience d’interaction avec une personne intra-extra ethnique. De cette rencontre peut se dégager la richesse du lien selon la nature de la relation ainsi que la temporalité engagé. Donnant lieu a un conte ou une chanson qui viendraient fructifier la mémoire collective du groupe social concerné. Excepté que l'interprétation de la réciprocité du don maussien souligne un fantasme occidental qui se concentrerait sur une présumé équivalence d'artéfacts, non seulement comme archéologie sociale, mais plus encore comme archétype du capitalisme 29. Tandis que les sociétés vernaculaires institue un rapport à l'autre comme un anti-utilitarisme qui viendrait contenir les intentions avides, afin de « bien se présenter » et surtout bien représenter la tribu, le clan . Le caractère solennel, et le succès de ce type de cérémonie n'a d'égal que le poids de responsabilité à tous les niveaux que ce soient, lors du rituel ou tout au long de l'apprentissage de la vie coutumière. L'honneur de représenter, la parole des « vieux » doit être respecté. Cet adage résonne des battements de cœurs jusqu'au bout des doigts et des regards qui plongent vers la terre que les ancêtres portent. Puis les mains se tendent pour faire de ce « geste », un échange respectueux. Ce geste et cette parole qui ne quittent dorénavant plus, son auteur, constituant l'unique richesse valable dans les monde visible et invisible.

 

Ce jour où le lien s'est tissé autour du « sacre de la parole partagé », scelle les unions, et/ou assagit les intrépides. tel le tubercule qui s'enracine et murit dans les esprits, pour faire jaillir la magie d'être ensemble.

 

 

1 Jean Guiart, Les mélanésiens devant l'économie de marché. Du milieu du XIXème siècle à la fin du millénaire, p.78, Le Rocher à la Voile, Nouméa, 1998.

2 Jean Guiart, Les mélanésiens devant l'économie de marché. Du milieu du XIXème siècle à la fin du millénaire, p.73, Le Rocher à la Voile, Nouméa, 1998.

3 Ces citations nous informent sur le fait que la réciprocité dans le don maussien est un fantasme occidentale, car cela induirait qu'une des deux parties engagés dans la relation d'échange concerné puisse jouir d'une certaine liberté, celle d'éventuellement rompre le lien, pour s'engager dans un autre échange (éventuellement plus fructueux).

4 Occidental fait référence ici à l'homme souverain et le fantasme consiste à se représenter le réciprocité du don maussien comme prémisses du capitalisme.

5 Il apparaît alors que cette représentation hâtive des travaux de Marcel Mauss paraît vaine, mettant de côté le caractère identitaire fort notamment à travers le phénomène de la lignée, ainsi que les structures sociales rigides dont lesquelles le peuple de chasseur-cueilleur évolue.

6 Ce sont des dons de deux natures soit agonistiques quand ceux-ci un concours de prestige social exemple le potlach ou au contraire non agonistique exemple la kula.

7Dominique Temple, Le marché de réciprocité et d'échange, 1999.

8 Dominique Temple, la dialectique du don, 1983.

9 Faisant écho aux notions économiques de « prix d'équilibre », et de rapport « win-win » qui sont des principes fondateurs du « marché libre ».

10 Ou alors est daté dans le temps avec la garantie, ou encore se monnaie sous la forme de services ou garanties supplémentaires. On ne sent plus vraiment responsable par rapport à l'autre. Dans un monde où tout est à vendre où tout le monde devient un marchand pour reprendre les propos de Tonnies.

11 A titre d'exemple le marché des voitures d'occasions ( le marché des lemons, de Joseph Stiglitz). On parle aujourd'hui d'économie de l'information tant les informations fiables sont précieuses dans un monde interconnecté ou tout va plus vite.

12 1% des plus riches possèdent l'ensemble des richesses de la planète.

13 Même si dans le cas du potlach, le don traduit un concours de prestige social du moins dans sa forme, mais rejoint l'argumentaire de la perpétuation du lien social dans sa finalité.

 

14 Qu'il soit de la même tribu, ou non qu'importe à partir du moment où il se conduisent en digne ambassadeur de leurs cultures respectives ou bien commune, s'unissent ne serait ce que l'instant d'une parole partagées autour de cette pratique social intergénérationnel, intemporel qu'est l'échange.

15 Relatif au statut social, une aura, un charisme, quelqu'un qui a accompli des choses, survécu à des événements qui transmet à son tour la pratique d'us et coutumes.

16 De , son mana (sa force) envers une personne fragile, moins expérimenté.

17 Relatif à une pratique culturelle propre au groupe social dont lequel évolue l'individu.

18 Prêt d'un totem, talisman contre le « mauvais oeil », offrandes aux Dieux comme mesure salvatrice afin de bénéficier de leurs protection, coutumes entre deux tribus différentes.

19Dominique Temple, Le marché de la réciprocité et l'échange, 1999.

20 Marché qui n'en est pas vraiment un, puisqu'il ne suppose pas de réciprocité. Du fait, du nouveau rapport travail/capital, au profit du capital.

21Tiré de la série documentaire Travail, salaire, profit,, de Bertrand Rothé et Gérard Mordillat Episode 1 : Travail , ARTE, ( France 2019)

22 Cet aspect de « fiction théorique » précédemment évoqué, fait référence au concept phare du néo-libéralisme, qui est celui du marché auto-régulateur. Relatif au fait que le marché est le meilleur gouvernement et se substituerait volontiers à l'Etat qui est perçu par sa notoire incompétence, si on s'inscrit dans la logique du paradigme néo-libéral. La main invisible symboliserai selon Adam Smith ( Smith Adam, 1776) le « marché autorégulateur », or le marché a besoin de l'Etat pour mettre en place un cadre favorable à son expansion, donc il est en quelque sorte dépendant de l'intervention étatique pour susciter son dynamisme. De par la mise en place d'un cadre législatif favorable à ses activités, et aussi bénéficier de commandes publiques. Corrélativement la politique keynésienne constitue en tant que tel un interventionnisme de l'Etat, partant de ce constat on peut en déduire que la main invisible ne représenterai donc pas le marché autorégulateur, mais davantage l'Etat. l'Etat contribue à créer des emplois pour les classes sociales les plus modestes, via une relance par la demande,( fidèle à la pensée keynésienne). l'Etat s'endette pour réaliser des projets d'infrastructures ( la politique de grands travaux ) et ainsi redynamiser l'activité économique tout en créant de l'emploi.Cela dit, on évoque ici un Etat qui serait aux services du seul marché. Dans ce contexte de révolution industrielle, et face au paupérisme, Adam Smith était favorable au poor laws, à savoir des salaires et des conditions de vies décentes pour les prolétaires qu'il considère comme une force productive. D'après Smith, l'Etat se doit d'envisager une politique sociale qui aurait des répercussions positives à la fois sur l'offre ( production de biens et services via les appels d'offres), et la demande ( consommation de biens, et service par la biais de politiques redistributives), puisque pour Smith l'agent économique en cherchant à maximiser son bien être ( à travers la consommation et le travail) participerait au bien être de la société tout entière. Pas sur que Smith tiendrait le même discours compte tenu de la robotisation de la main d'oeuvre.

 

23 Achille Mbembe, Politiques de l'inimitié, p.21.

24Etienne Balibar, Race, nation, classe, les identités ambigus, La Découverte, Paris, 2018.

25 Pour brosser dans le sens du poil, la ou les différentes communautés visés. Or les différences ne sont que plurielle, c'est dans la plus ou moins bonne interaction avec autrui que peut se dégager la richesse du lien.

26 Ce patriotisme est entretenue sporadiquement, entre autres dans sa forme la plus heureuse par des évènements sportifs de prestige internationale ( coupe du monde, jeux olympiques ) encore que les individus racisés qui composent les équipes nationales de sport collectifs comme les sports individuels, sont de facto renvoyés à leurs origines, quand ils subissent une défaite, en cas de victoire ils sont indiscutablement français. Et aussi dans sa forme la plus malheureuse qu'est la guerre.

27 La démocratie, étant un symbole ( le « pouvoir au peuple ») qui a été conçu avant tout pour perdurer la position sociale des aristocrates. En effet, depuis ses fondements elle a toujours été, le paravent de l'oligarchie. La démocratie athénienne (« Eclesia ») n'a fait qu'assurer la position sociale dominante de l'oligarchie, sous couvert de paix sociale . Quant au capitalisme il dénature notre relation à l''autre et au groupe. Pour sa pleine expression il a besoin d'avoir face à lui des individus isolés afin de les soumettre à son bon vouloir. Ceux en quoi, la méritocratie a été institutionnalisé comme « mirage social ». Face à l'opulence ostentatoire des privilégiés qui apparaît faussement accessible, dont l'espoir insufflé au prolétariat, d'y accéder à travers les lois anti-népotismes, suffit à huiler les rouages de la machine capitalistevia le consumérisme comme pulsions physique, afin de palier à la frustration d'une mobilité sociale qui paraît obstruée. Au terme de quoi la vision aliénante de l'accumulation du capital comme idéal social, dénatureraient notre rapport à l'autre dans un système qui a du mal a contenir les comportements avides. La violence du capitalisme comme nouvel impérialisme perceptible par son caractère à la fois supranational et international. Nous pousse à croire que la démocratie serait « l'homme de paille du capitalisme ». En effet la liberté comme slogan civilisationnel de ce régime économique serait le pourvoyeur d'une servitude volontaire de la part des subalternes qui évoluerait au sein de ce système. Avec en toile de fond la chimère de l'égalité, comme rappel à l'ordre, étant donné que ce système politique actuel est imposé comme seul rempart à la barbarie ( autrefois relative a celle arborant les couleurs du communisme ). Pour autant un vent d’insurrection souffle notamment en France, le gouvernement français ne semble témoigné que le poids de son mépris social à l'égard de ses concitoyens. Cette situation est symptomatique d'un pouvoir qui a effectué la recette du néo-libéralisme a toutes les sauces ( privatisation en tout genres) et qui ne veut et/ou peut se renouveler sans conforter une oligarchie pour et par laquelle il a été mis en place.

28 Claude Liauzu, L'usage des termes « race, ethnie, nation » dans le contexte des conquêtes coloniales françaises », Table-Ronde « Rapports interethniques à Madagascar et construction nationale (19e et 20e siècles », 4 -5 décembre 1998, sous la direction de Françoise Raison, université Paris 7 – Denis Diderot.

29 Cette interprétation laisserait entrevoir que cette tendance pseudo naturelle de l'individu de se libérer des carcans du groupe social serait une apothéose civilisationnel, encouragé par un productivisme tel que nous le connaissant aujourd'hui, à travers la production de totems.

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