Jean Michel GUIART (avatar)

Jean Michel GUIART

Doctorant en sciences sociales

Abonné·e de Mediapart

684 Billets

0 Édition

Billet de blog 14 juin 2024

Jean Michel GUIART (avatar)

Jean Michel GUIART

Doctorant en sciences sociales

Abonné·e de Mediapart

Le dégel électoral, en Kanaky en une image

Jean Michel GUIART (avatar)

Jean Michel GUIART

Doctorant en sciences sociales

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1

En Kanaky-Nouvelle-Calédonie, on présente souvent le dégel électoral sous le prisme d'une égalité démocratique. Or, si l'on tient compte du croquis ci-dessus pris sur le média citoyen Agoravox, l'égalité ne favorise pas les minorités. Comparé à l'équité qui est en mesure d'apporter plus de justice démocratique. Et, c'est bien de justice démocratique qu'il s'agit en Kanaky-Nouvelle-Calédonie par rapport au dégel électoral qui pose la question de l'équité du scrutin. Dans la mesure où, via le dégel du corps électoral, le peuple premier à travers la cause indépendantiste verra ses chances d'accéder au pouvoir réduitent. Actuellement, ses chances sont déjà minces, étant minoritaires sur leur terre. Mais avec le dégel, ses chances seront enterrées. Bien que personne ne sache vers quels bords risquent de basculer le vote des nouveaux entrants. Néanmoins, la propagande loyaliste ajoutée à l'impartialité de l'État français en faveur des loyalistes nous pousse à croire que les nouveaux entrants voient en l'indépendance une potentielle instabilité politique et sociale.

Par ailleurs, on entend souvent dire à l'encontre de ceux qui ne se rendent pas aux urnes : « Tu ne te rends pas compte que des gens sont morts pour avoir le droit de vote ». En l'occurrence ici, neuf jeunes kanaks sont morts pour préserver une équité démocratique dans leur pays. Mais, cela n'émeut pas plus que ça une opinion publique française. À croire que les kanaks n'ont pas la bonne couleur de peau pour faire valoir leur droit. Dans une métropole qui penche de plus en plus pour la préférence nationale. Si on observe, ces dernières années, un espace médiatico-politique qui fait basculer l'opinion publique vers des idées fascisantes. Loin de valeurs que la République française scande à travers sa devise républicaine. Ces fameuses valeurs qui n'ont d'aplomb que sur le front de certaines bâtisses. Étant donné que la promesse républicaine d'égalité, de fraternité et de liberté parait ici mis en branle. Dans la mesure où, l'intégration et la méritocratie française nous montre, par la question du dégel électoral, toutes ses contradictions. À savoir que les indépendantistes sont intégrés au point de se hisser historiquement au sommet d'institutions. En cela, ils ont du mérite, sachant qu'ils sont minoritaires sur leur propre terre. À ce titre, ils devraient être reconnus comme tels par une république qui, à l'image d'un Kylian Mbappé, fait des individus racisés, intégrés et méritant des exemples à suivre. Or, les indépendantistes sont diabolisés car, le pouvoir voit d'un mauvais œil une ascension électorale indépendantiste qui fait tâche pour un hexagone. Qui entend parachever son ambition d'une France mêlant populisme, autoritarisme et nationalisme français.

Et ce n'est pas la récente dissolution de l'Assemblée nationale qui nous fera croire le contraire. Ce n'est pas tant que l'État français penche envers les loyalistes, c'est surtout qu'il penche pour un retour au fascisme. À en croire un score historique du Rassemblement National aux élections européennes dont le pouvoir actuel à largement contribué en reprenant à son compte le discours de l'extrême droite. En raison de cela, c'est au nom de l'équité que la colère sociale en métropole et en Kanaky s'inscrit. Face à une force capitaliste et coloniale française qui n'a pas su incarner les valeurs de liberté et d'égalité par lesquelles elle s'est présentée à nous. Ces valeurs pour et par lesquelles nombre d'entre nous ont souffert et ont péri.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.