Le pluralisme pour réenchanter le monde

La conclusion



Pour que le monde redevienne monde, c'est à dire pluriel, et ainsi se rajuste cet équilibre entre pluralisme et nature, qui a été rompu par la modernité. Étant donné que la réciprocité induit par le don maussien, comme archéologie sociale serait l'archétype du capitalisme, qui par sa vision libéral aurait permit de délivrer l'individu non seulement de sa dépendance envers le groupe social, mais surtout de celle envers la nature. L'essor de la science, lui aurait permis de croire que non seulement il peut dominer la nature, mais qu'il serait en mesure d'en créer artificiellement une. Cette vision consiste à se représenter la nature comme obstacle à l'appétence humaine 1.

 

 

 

 

Mais encore que la nature2 symboliserait une force, dont l'homme par le biais du pouvoir que lui confère la technologie se plairait à égaler, si ce n'est de la renverser, dont le nucléaire est le symbole de la démesure humaine. Basculant ainsi la dépendance de l'homme envers la nature qui plus est son Dieu originel, vers celle engendrée par le « marché unique » comme seul Dieu. Encouragé par le monopole du capitalisme d'assouvir des besoins futiles, nous détournons ainsi du pouvoir de la nature de satisfaire nos besoins à titre gracieux. Ce régime économique n'a fait que cajoler notre quête de prestige sociale individuelle qui n'est que le reflet d'un effet de mimétisme,voire d'une fascination morbide envers des classes sociales supérieures, pour ne pas dire de l'envie, de la jalousie. Ceux en quoi l'uniformisation prôné par l'homme souverain est ravageur car elle flatte la vanité de prétendre que seul la consommation ostentatoire fera de nous des « êtres uniques ». Rejoignant la volonté de Paul Valéry de réhabiliter ce qu'il nomme la « valeur esprit », compte tenu de nos sociétés modernes qui privilégient des pulsions physique lié au consumérisme libéral. Excepté que le pluralisme est justement la figure de proue de l'authenticité, car le pluralisme n'a jamais cessé d'enchanter le monde. Nous nous sommes simplement détournés de lui par conformisme. Le pluralisme participe à cette «  valeur esprit », en étant la condition sine qua non de la démocratie, tout autant que celle de la liberté.

 

 

 

 

1 De telle sorte que, les technologies de guerres, qui à la fin de la seconde guerre mondiale ont contribué à l'urbanisation ainsi qu'à la raréfaction des ressources. Les chars ont servi de modèle pour les bulldozers, accélérant la déforestation, les parachutes en nylon ont servis à faire des km de filet de pêches participant à l'épuisement des océans, les radars anti sous marins ont été utilisé pour repérer les bancs de poissons. La nature est appréhendé comme anti-économique, du fait de sa gratuité . D'où l'ambition de l'utra-libéralisme a la transformé, en autant de monopoles oligopolistiques ( Monsanto-Bayer sur le marché des semences).

2 À savoir que la nature est appréhendé ici dans sa totalité. C'est-à-dire sa dimension physique, comme élément ( eau, air, terre, feu) qui transcende l'homme, constituant le monde visible. Ainsi que sa dimension animiste ( esprits, énergies spirituelles), qualifiant le monde invisible.

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