Une morale qui passe, à la Trappes

 

 

 

Ces derniers jours, la ville de Trappes fait l’objet d'une vive polémique.  Suite aux déclarations, d’un professeur de philosophie qui sous les projecteurs accorde, son violon, selon les fausses notes, de l’extrême droite. S’en suit une déferlante de journalistes qui recrachent un argumentaire redondant qui vise à choséifier la communauté musulmane, sans vérifier les faits auxquels se rapporte le sujet. Autrement dit un partis pris éditorial propageant, des « fake news », au service de la théorie du « choc des civilisations ». Il faut dire que l’exemple à suivre (ou pas) dans ce domaine, c’est un certain Éric Zemmour qui cartonne du haut de son talent d'orateur, d’où on lui reconnaît une passion, quelque peu démagogique. Il va sans dire que le drame de Charlie Hebdo, de la salle du Bataclan, de Samuel Paty, recense une menace réelle dans ce pays, mais à force de trop jouer avec le feu, on l’attise… Et pour cause, le tireur de la fusillade de Christchurch en Nouvelle-Zélande lors du 15 mars 2019, Brentont Tarrant évoque ces vacances en France en 2017 qui ont selon ces dires confirmés ces craintes, quant à un « processus de grand remplacement » en cours sur l’hexagone, et cela aurait visiblement renforcer ces convictions, de suprémaciste blanc.

 

 

Actuellement les regards sont rivés sur la ville de Trappes, alors qu’il y a de quoi s’émouvoir, d’un mal sociétal (semble-t-il), bien ancré dans la société française. Faisant allusion ici, aux scandales qui éclaboussent les nantis, concernant les plaintes d’incestes, de viols et d’agressions sexuelles sur des femmes et/ou des enfants. Pourquoi ce scandale n’indigne-t-il pas plus, l’opinion publique ? Eh bien si l’on considère le fait que les auteurs (dont les affaires sont sujet à un minimum de couverture médiatique), sont majoritairement blancs, et nantis. Sachant que les médias appartiennent à une certaine oligarchie (donc blanche et nanti), la réponse parait toute faite, puisque la carte de l’islamisme agitée dans les médias, sert de diversion, à la fois d’une crise sanitaire (dont la gestion, est pour le moins calamiteuse), mais aussi d’une vague de scandales sexuelles venant ébranler, certains nantis.

 

 

Tant l’Etat français (mais pas que), n’a de réponse à une partie de sa population, souffrant d’un manque d’égalité que le poids d’un certain « racisme systémique », lui permettant à la fois de se déresponsabiliser de ses compétences régaliennes, si ce n’est de taire le basculement vers le « tout-privé ».

 

 

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