Dans ce contexte de la question du dégel électoral en Kanaky-Nouvelle-Calédonie, on entend dire que les violences de la part d'indépendantistes kanakes sont contre-productives, à leur cause. Quand des incendies et des pillages sont le fait de délinquants et d'émeutiers n'ayant potentiellement rien à voir avec le mouvement indépendantiste. De plus, ceux qui émettent ce genre d'opinion ont à la base peu de sympathies pour cette cause qu'ils délégitiment selon leurs indignations à géométrie variable. Et quand cette cause impacte leur quotidien par des actions quelconques, le ton se durcit. Illustrant le fait que la bourgeoisie coloniale fait rage quand un racisé lui rappelle sa position de classe et ses privilèges qui lui semblent naturels. Quand ces privilèges ont été rendus possibles par une injustice sociale et historique.
Face à ce constat, le discours ethno-nationaliste français s'en accommode par une forme de déni inépuisable qui conforte le sentiment inavoué, car plus ou moins inavouable, de toute puissance sur des groupes sociaux pour ne pas dire sur d'autres groupes ethniques. Et, quand ces groupes retournent par ces contradictions le narratif universaliste de l'ordre établi, contre celui-ci, ils sont criminalisés. Et que dire de la justice que certains qualifient de coloniale du fait qu'elle sanctionne à une vitesse record toujours les mêmes. Quand cette justice patine pour juger le privilège blanc. Avec par exemple, la récente arrestation de membres de la CCAT qui ont peut-être bien des torts, voire probablement " mérite " ces arrestations. Mais, quand des dirigeants loyalistes appellent au bordel et à la haine raciale, sont libres de leurs faits et gestes. Cela laisse un sentiment d'amertume qui nourrit plus que jamais une impression de “ déjà-vu ”. Quand c'est toujours aux mêmes qu'on doit tout accepter, tout excuser, tout pardonner. À l'image d'un Gil Brial qui lyncha par " vigilance " sur la place publique le premier kanak qui lui tomba sous la main. Tandis que ce kanak est policier et s'est présenté en tant que tel. Heureusement pour lui, des collègues sont venus le secourir. Raison pour laquelle Gil Brial qui jouait les brutes épaisses 5 minutes plus tôt a pris la poudre d'escampette face à l'arrivée de la cavalerie. Puis, avec la mentalité de cowboys contre les indiens que nous leur connaissons, des leaders loyalistes ont fait une manifestation illégale et ont mis la pression à des procureurs. Quasiment façon western spaghetti, en tirant à coup de winchester en l'air et en tournant autour du tribunal, avec des têtes indigènes décapitées accrochées à leurs grands chevaux. Ces leaders loyalistes ont les mains tachées de sang qu'ils camouflent derrière leurs soutanes du Klu Klux Klan. En ayant la bonne couleur de peau pour être à la solde du pouvoir, eux ont tous les droits. Et ils le prouvent en armant secrètement une milice. Au point que celle-ci dispose d'un matériel militaire digne d'un conflit armé. À croire que quand on défend les intérêts d'un marchand d'armes comme la France, cela donne des passes droits comme celui de tuer des nègres qui s'agitent un peu trop à leurs goûts.
Et, tant que des personnes, quelle que soit leur couleur de peau, se sentent à ce point au-dessus des lois, on ne peut faire “ pays “.