L'usine pays (kanak) que la France ne veut pas

 

 

L’usine pays – relate le projet de reprise de l'usine du Sud de la Nouvelle Calédonie Kanaky par la Sofinor/Korea Zinc 1 qui permettrait à des institutions locales d'avoir une collaboration avec un métallurgiste qualifié. Toutefois la solution privilégiée reste celle de Prony Ressources qui profiterait, à la province sud brassant déjà l'essentiel, de la richesse produite sur le territoire. Le consortium Prony Ressources compte le négociant suisse Trafigura, plus connu pour des activités de spéculations boursière que pour sa qualité de métallurgiste. Pourtant l'État français via notamment son ministre de l'Outre-Mer, insiste sur le fait que cette dernière offre, demeure à ce jour la seule viable pour sauver l'usine concernée, sans vraiment considérer (sous couvert de process administratifs), l'offre émanant des indépendantistes. Les dés semblent déjà jetés, mais les indépendantistes ne l'entendent pas de cette oreille, leur offre recalée, ils tentent le tout pour le tout, tel des gaulois réfractaires…

 

 

 

Les indépendantistes se mobilisent autour d'une potentielle « usine pays ». Du fait que la souveraineté économique constitue le fer de lance, de leurs ambition politique. Pour les loyalistes cette reprise par les indépendantistes permettraient à ces derniers, de gagner en crédibilité économique/politique/social. À croire que les seuls résultats des référendums, ne suffiront visiblement pas, à sceller le destin de cet archipel qui ne peut s’envisager sans le « vieux Nick » 2.  C’est pourquoi la reprise de cette usine du Sud, ne se fera pas sans heurts, car les deux blocs politique ont beaucoup à perdre (sans parler des 3 000 emplois en suspens). D'un côté les loyalistes tentent de préserver un « privilège blanc » potentiellement en péril, face à des indigènes qui comptent reprendre les rênes du pays. Tant les loyalistes, à avoir trop agiter la France comme « joker » se ridiculisent. Ils n’ont pas su élaborer de projet politique, en 30 ans d’accords de Nouméa. Leurs visions politique repose en majeure partie sur une relation caractérisé de philanthropie pour ne pas dire d'un paternalisme, de la France envers le « caillou ». D'où le fait que l'indépendance incarnerait pour eux, une rupture soudaine de ce lien pseudo filial, largement fantasmé. C’est dire la suffisance des  campagnes loyalistes, se basant sur de la stigmatisation 3, et de la peur 4.





La Nouvelle-Calédonie-Kanaky dispose d'un certain bon vouloir de la France via certaines faveurs administratives liés au processus de décolonisation ( via les transferts de compétences). Seulement, les miettes n'ont pas le même goût qu'un gâteau minier, bien garnis. Tout bien considéré la décolonisation de façade (car avant-tout administratives), ne permettra pas à cet archipel, de se saisir d'un parfum d'émancipation qu'aurait pu lui procurer,  une certaine souveraineté économique . Compte tenu des disparités sociales sur cette île qui sont criantes. Fort à parier que le projet d'usine pays gérés par les « gens de l'endroit », ne sera pas près de voir le jours. Et pour cause la France attelle ses autres qu'elle peine à considérer comme semblables, car ils ne sont que des sujets, au service de son seul rayonnement .

 

 

 

 

1Hormis que Korea Zinc s'est récemment retiré de l'offre, la Sofinor cherche actuellement, un nouveau repreneur.

2 Le secteur du nickel

3 Notamment de leurs concurrents loyalistes/indépendantistes, mais surtout via une négrophobie, ou plutôt une kanakphobie ambiante.

4 Le fait de véhiculer une vision de l’indépendance comme une sorte de planète des singes, plus encore l’invasion probable de la Chine si l'île serait indépendante.

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