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Billet de blog 29 septembre 2016

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Le maître-chanteur de la République

Patrick Buisson maître-chanteur de la République

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Le maître-chanteur de la République

Tout maître-chanteur est un metteur en scène. Et inversement sans doute, mais ce n’est pas le sujet. Chacun aura apprécié la mise en scène de l’entrée en campagne électorale de Patrick Buisson, ancien (?) conseiller politique de Sarkozy. Et aussi la manière dont "les révélations" de la "cause du peuple" (tout discours politique est du flan!) sont dosées : assez méchantes pour sentir le fil du poignard, pas assez pour tuer le coq qui chante.

Le premier acte nous a un peu échappé, c’est le recrutement de son "conseiller"  par le candidat ou le président Sarkozy. Il nous en est resté que l’épisode sidérant de l’espionnage systématique du Président par le conseiller et une question qui n’a jamais été posée : pourquoi cette atteinte caractérisée à la sûreté de l’État n’a t’elle pas été poursuivie et jugée? Il les tenait tous?

Le deuxième acte a commencé lors de la campagne de Sarkozy de 2012. Le candidat président a adopté la ligne Buisson et a exploité crescendo une thématique démagogique de droite extrême qui a tiré la base de son parti vers les thèmes du FN: la mise en scène des meetings électoraux orchestrant la propagande de ce tournant idéologique de l’ex-parti gaulliste a du évoquer à l'ancien directeur de Minute la tradition des grandes chorégies fascistes ou nazies. Comment ces meetings ne pouvaient-ils pas pulvériser les plafonds de dépenses électorales de la République?

Le troisième acte vient de commencer. Mais son argument est incertain. 

Jamais les positions sarkozistes n’ont été autant inspirées par son « spin doctor » : à droite extrême toute, identitaire, sécuritaire et réactionnaire. Jamais la manière, provocatrice et caricaturale, n’a été aussi outrée et violente, bref inspirée. Jamais buissonisme n’a été aussi ardent!

Mais voici le maître qui charge le disciple : une très classique et très robuste campagne de presse dont l’Express est le fer de lance reconnaissant autour d’une publication au contenu polémique. Et chacun de jouer son jeu : rage et sérénité, style « je suis victime » et "ce caniveau n'est pas à mon niveau" du candidat primaire  contre le "dégueulis verbal " du traître  qui connaît le sérail, ses tours et ses détours, en fait les notes prises par l’espion . 

Que cherche Buisson?  La marionnette aura beau s’agiter au bout de ses fils, elle ne pourra qu’illustrer sa dépendance à l’égard de son maître.  Il faudra bien qu’elle passe aussi à la caisse et, notamment, si elle ne veut pas être battue à plates coutures, sauver le soldat Buisson, sur tous les plans judiciaires, politiques et…personnels. 

Comment est-il possible dans l’histoire de la République qu’un homme politique, ancien président et candidat à la Présidence, puisse être ouvertement à la merci d’un maître-chanteur?   

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