Le RSA plus "réhabilité" que le Parlement

Nicolas Sarkozy n'a pas tardé à montrer que la « réhabilitation » du Parlement au cœur de la dernière révision constitutionnelle, ne voulait pas dire qu'il renonçait à sa subordination aux priorités politiques de l'Exécutif.

Nicolas Sarkozy n'a pas tardé à montrer que la « réhabilitation » du Parlement au cœur de la dernière révision constitutionnelle, ne voulait pas dire qu'il renonçait à sa subordination aux priorités politiques de l'Exécutif.

L'annonce d'une session extraordinaire d'une semaine, à partir du 22 septembre, n'est pas contraire à la lettre de la Constitution, mais dans l'esprit cela ne va guère dans le sens d'un meilleur fonctionnement du travail parlementaire. D'autant que les lois organiques et modifications règlementaires, auxquelles renvoient nombre des nouvelles dispositions constitutionnelles concernant le travail parlementaire, sont loin d'être élaborées et votées.
L' « urgence » proclamée pour le RSA et l'épargne salariale, a suscité l'agacement, voire la franche hostilité chez certains parlementaires , de l'UMP aux Verts, qui n'avaient pas encore boulé leurs valises. Côté majorité surtout, on voudrait bien « souffler » après avoir été soumis à des cadences infernales pour adopter 61 textes en une session dont 19 en « urgence ». Le président de la République a paru hésiter, puis finalement choisi de maintenir le rythme même si, formellement, c'est le premier ministre qui lui a « proposé » cette session extraordinaire et son ordre du jour.
Dans la détermination présidentielle, la pression insistante ces derniers temps de Martin Hirsch, le Haut commissaire aux solidarités actives, a sans doute pesé. Le « père » du RSA savait bien que si la généralisation de ce nouveau dispositif d'aide au retour à l'emploi n'était pas votée cet automne, il pourrait dire adieu à l'échéance de juin 2009, sinon à la réforme tout court. Eric Woerth, le ministre du Budget paraissait de moins en moins chaud pour cette refonte de l'aide sociale dont il disait ne pas trouver le financement. Le voilà fortement incité, par l'accélération élyséenne, à trouver des solutions d'ici début septembre . Parmi les pistes envisagées, on mettrait un peu plus à contribution certaines « niches fiscales » et un peu moins la prime pour l'emploi.
Par ailleurs, l'autre projet de loi qui touche à l'intéressement et la participation des salariés, présente l'avantage pour Nicolas Sarkozy de placer la rentrée sous le signe du pouvoir d'achat des français. C'est probablement de toute première urgence politique pour lui, alors que le moral des « ménages » n'a jamais été aussi bas. Et que çà risque de se traduire par des sondages peu flatteurs pour les gouvernants, une fois la parenthèse estivale refermée.

 

* Cet article a été publié vendredi 1er août dans Le Républicain Lorrain

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