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Billet de blog 2 avril 2008

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Un débat qui fait plouf

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Quand on annonce un "grand débat" au Parlement, deux fois sur trois il tourne à la succession de discours convenus, où les calibrages et la distribution des temps de parole pour chaque groupe asphyxient toute dramaturgie. Celui sur l'Afghanistan, mardi, n'a pas échappé à ce triste sort dont les causes tiennent aussi, bien entendu, à l'infériorité institutionnelle du Législatif sur l'Exécutif dans la Vème République. Le politologue Paul Allliès l'explique très bien, en ce moment, dans l'espace Club de Mediapart.

Mais l'avantage du Parlement reste que les propos qui sont tenus à sa tribune demeurent gravés dans le marbre de la République, et font donc référence. Comme le président de la République n'a pas ( encore ?) le droit d'intervenir devant députés et sénateurs, c'est donc le premier ministre qui était préposé à l'exposé du choix élyséen d'envoyer de nouvelles troupes bouter le Taliban hors d'Afghanistan. Avec comme mission pour François Fillon de reformater ce choix pour un usage domestique. C'est ainsi que le millier de militaires évoqués à Londres, s'est retrouvé "quelques centaines" en arrivant au port ( de Paris). En bon français, cela veut dire moitié moins environ. Pas de quoi changer la face du conflit de toute façon puisque l'importance des effectifs militaires français dans la force internationale sur place se situerait actuellement "entre les Pays-bas et la Pologne", si l'on en croit le même premier ministre.

Cette réévaluation, accompagnée de précisions sur les conditions du renfort que le chef de l'Etat s'apprête à livrer à ses homologues, lors du sommet de l'OTAN jeudi, illustre un théorème de la communication sarkozyenne que l'on pourrait ainsi résumer : l'effet d'annonce anticipe l'annonce, l'annonce précède la décision, la décision devance sa justification.