Couleur senior

Cette fois ce ne sont pas des boites de nuit qui ont été « testées » pour des discriminations à l'égard de leurs clients, mais des « grosses boites » du CAC 40 ou intermédiaires de l'emploi ayant publié des petites annonces, qui ont été soumises à la même épreuve.
Cette fois ce ne sont pas des boites de nuit qui ont été « testées » pour des discriminations à l'égard de leurs clients, mais des « grosses boites » du CAC 40 ou intermédiaires de l'emploi ayant publié des petites annonces, qui ont été soumises à la même épreuve.
Trois ans après sa création, la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations) franchit ainsi une étape marquante dans l'accomplissement de sa mission. Car, en pointant les comportements litigieux de telle ou telle société de premier plan, c'est un signal fort lancé sur le terrain de l'emploi devenu aujourd'hui un enjeu majeur de l'égalité sociale et citoyenne. Et, surtout, la Halde s'attaque à la discrimination à l'embauche qui est beaucoup plus difficile à déceler que celle ayant trait, dans la vie de l'entreprise, à la race, au sexe ou à l'appartenance syndicale.
L'opération a d'ailleurs vite donné lieu à des contestations de la part de trois contrôlés négatifs (Accor, Crédit agricole, Mercuri Urval) qui appartenaient à l'échantillon des vingt sociétés tirées au sort. Non pas trop sur le principe - la Halde a désormais une légitimité indiscutable - mais sur la méthodologie de l'Observatoire des inégalités, un organisme public dépendant de l'université, à qui la Haute autorité avait sous-traité le « testing ». Afin de rendre les résultats incontestables, il a été vérifié attentivement si les réponses aux petites annonces ne comportaient pas des erreurs ou des lacunes écartant d'emblée le postulant d'un premier entretien d'embauche.
Les discussions ont été âpres avec les entreprises susceptibles d'être épinglées, avec le préjudice d'image qui en résulterait dans l'opinion, ce qui explique que l'enquête prévue pour sortir en février n'a été rendue publique qu'hier. Au final, le nombre de cas retenus est sans doute trop élevé au regard de l'équité qui devrait prévaloir, mais peut-être moins important au regard de ce que l'on pourrait craindre.
Ce n'est pas le moindre intérêt de cette enquête - qui ne visait pas à instrumenter des poursuites judiciaires - d'avoir aussi confirmé l'existence du problème préoccupant des seniors sur le marché de l'emploi : l'âge d'un candidat est deux fois plus discriminant que l'origine pour la convocation à un entretien d'embauche.
*Cet article a été publié dans Le Républicain Lorrain, mercredi 11 juin.

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