Touche pas à mes vacances !

Nul besoin d’en appeler aux souvenirs scolaires des vases communicants pour calculer que la réforme de l’école en vigueur depuis le 2 septembre oblige les enseignants à faire en quatre jours ce qu’ils faisaient en quatre jours et demi, quand le samedi matin était « ouvré ». Par voie de conséquence, le système va perdurer, sinon s’aggraver, qui contraignait les élèves à des devoirs à la maison pour « tenir le programme », alors même qu’ils sont officiellement proscrits .

Nul besoin d’en appeler aux souvenirs scolaires des vases communicants pour calculer que la réforme de l’école en vigueur depuis le 2 septembre oblige les enseignants à faire en quatre jours ce qu’ils faisaient en quatre jours et demi, quand le samedi matin était « ouvré ». Par voie de conséquence, le système va perdurer, sinon s’aggraver, qui contraignait les élèves à des devoirs à la maison pour « tenir le programme », alors même qu’ils sont officiellement proscrits .

C’est tout le contraire d’une réforme qui aurait dû partir de l’élève avant d’en arriver à une nouvelle répartition des heures de cours sur la semaine, dont il faut bien dire qu’elle arrange davantage les familles désireuses de profiter d’un week-end complet – y compris chez les enseignants –, qu’elle ne facilite la vie des parents pour qui vont se poser d’insurmontables problèmes de gardes…et de soutien scolaire, surtout quand le « parent » est unique.

Partir de l’élève aurait consisté à écouter les chronobiologistes qui expliquent inlassablement que six heures d’enseignement d’affilée en une seule journée c’est déjà excessif pour un enfant du primaire. Or en instituant de fait la semaine de quatre jours – avec 24 heures de cours obligatoires – le calcul est vite fait. Mais si, en plus, on impose aux enfants rentrant chez eux, de continuer à « bachoter », c’est vraiment trop en demander. Le risque est d’autant plus avéré en cette rentrée, qu’imposer plus de temps aux apprentissages des « fondamentaux » ( lecture, écriture, calcul, mathématiques) c’est demander une attention d’autant plus soutenue aux élèves. Avec le risque d’aggraver la proportion de ceux qui ne « suivent » pas. Et de les livrer à la loterie des initiatives locales, communales, scolaires ou associatives, pour les aider à reprendre pied.

Une nouvelle fois aura été esquivée la question des rythmes d’enseignement en France où, à l’inverse de la plupart des autres pays européens, on a les journée scolaires les plus longues et le nombre de jours d’école sur l’année parmi les plus bas. Mais toucher aux vacances n’aurait sans doute pas été judicieux politiquement, l’année où on annonce aux enseignants une baisse drastique des postes.

 

* Publié dans Le Républicain Lorrain le samedi 13 septembre 2008

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