La liberté d'expression est toujours un combat !

Vous avez peut-être suivi la polémique développée autour du travail d'Inès Léraud, journaliste qui a publié une BD à succès, Algues vertes, l'histoire interdite. Inès Léraud a subi de nombreuses menaces et intimidations visant à nuire - voire à empêcher - ses recherches sur le monde agro-alimentaire breton. On a parlé d'omerta bretonne.

Inès Léraud a été censurée à un Salon du livre, à Quintin, scandaleuse atteinte au principe même de liberté. Elle est attaquée en diffamation par un chef d'entreprise de l'agro-alimentaire, Jacques Chéritel...

Un Comité de soutien s'est heureusement crée autour d'elle, afin d'alerter sur toutes ces menaces.

Pour mieux connaître les travaux d'Inès Léraud, je vous invite à suivre le lien suivant, sur KUB, web média soutenu par la Région Bretagne :

https://www.kubweb.media/recherche/?q=L%C3%A9raud

Certains ont récemment pensé que la Région Bretagne s'était elle-même livrée à des pressions ou à des menaces pour que la BD Algues vertes ne soit pas traduite en breton. J'ai toujours très clairement affirmé qu'il n'en était rien. D'ailleurs, qui subventionne KUB ?

L'éditeur concerné, Skol Vreizh, confirme aujourd'hui dans une mise au point (publiée sur sa page Facebook) qu'il n'y a, en ce dossier, ni menace, ni censure :

".../... Il est donc erroné d’affirmer que la « censure » aurait interdit la publication de la BD Algues vertes en langue bretonne. D’ailleurs, jamais aucune pression et encore moins de censure n’ont été exercées par l’exécutif du Conseil régional de Bretagne sur les éditions Skol Vreizh".

Devant ces scandales (Quintin), ces menaces réelles (ou présumées), 200 journalistes s'adressent maintenant, dans une lettre-ouverte, au Président de Région.

Ils lui demandent de contribuer à garantir une information et une parole publique libre sur les enjeux de l'agroalimentaire en Bretagne, et de veiller à ce qu'aucune subvention de média associatif ne soit supprimée, au motif que des journalistes auraient signé cette lettre ; de certifier que les journalistes peuvent interroger en toute transparence et indépendance des élu·es (et membres des services régionaux) sur ces sujets chaque fois que cela est nécessaire ; d'assurer qu'aucune maison d'édition ne verra ses subventions coupées, maintenant ou dans les prochaines années, pour avoir édité la BD d'Inès Léraud et Pierre Van Hove, « Algues vertes, l'histoire interdite », en breton et en gallo ; d'intervenir plus largement pour le soutien et la restauration de lieux de formations universitaires à l'information en région.

Leur démarche est un salutaire appel : la liberté d'expression, la liberté de diffusion, sont des principes constitutionnels qu'ils nous faut - collectivement - toujours protéger. Ce qui est vrai pour KUB doit être vrai pour tous ! Et cette liberté est un combat.

En ce qui me concerne, je veux affirmer très simplement trois points :

1 - Total soutien à Inès Léraud.

2 - Un éditeur souhaitant publier une version en langue bretonne d'Algues vertes, l'histoire interdite, est le bienvenu. Le plus vite sera le mieux !

3 - Je serais également très heureux de rencontrer au plus vite les représentants des 200 journalistes signataires de cette lettre-ouverte au Conseil régional.

 

 

Jean-Michel Le Boulanger

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.