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Billet de blog 29 mai 2015

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Qui peut décider qu'un historien doit se taire?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Quand des gens décident pour vous ce que vous ne devez pas entendre, qu'est-ce que cela signifie à l'heure où quatre grands résistants entrent au Panthéon? A Saint-Denis ce mercredi 27 mai à l’Hôtel de ville, un commando anonyme a interdit de parole un historien qui serait, selon cette police idéologique, un historien d'extrême-droite.

Qui peut décider qu'un historien n'a pas droit à la parole publique? Un comité "révolutionnaire"? Comment qualifier cet acte "révolutionnaire"?

Voilà le billet publié par l'Observatoire de la laïcité de Saint-Denis:

DEBAT INTERDIT A SAINT DENIS

Un groupe d’individus menaçants a empêché la tenue de la réunion-débat sur la laïcité organisée par l’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis le mercredi 27 mai à l’Hôtel de ville.

L’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis organisait le 27 mai à Saint-Denis une conférence-débat sur le thème : “Combat laïque, combat social : indissociables”, avec Guylain Chevrier, chargé d’enseignement à l’Université, formateur en travail social, ancien membre du Haut conseil à l’intégration, républicain engagé et militant de la gauche laïque, membre du Comité Laïcité République.

Guylain Chevrier ainsi que les organisateurs et les participants à la réunion ont été insultés, diffamés, agressés par ces individus qui ont empêché que se tienne notre initiative. Un courriel mensonger et diffamatoire de Jean Brafman (animateur d’un collectif dionysien contre l’extrême-droite et soutien des Indigènes de la République) avait circulé dans l’après-midi pour organiser cette agression qui visait en réalité le thème abordé, « la laïcité ».

On a pris le prétexte que notre intervenant a écrit à une autre époque sur le site Riposte laïque. Ce site a depuis rejoint l’extrême droite, ce que Guylain Chevrier a condamné sans ambiguïté publiquement en 2010 ! On sait combien les amalgames sont toujours le fait des extrêmes pour justifier leur violence contre la liberté.

Les responsables de la municipalité ont été incapables de rétablir la liberté d’expression dans la salle du conseil municipal mais les organisateurs ont décidé de suspendre la réunion pour éviter tout débordement.

La démocratie a été bafouée au sein même de l’Hôtel de Ville. Il s’agit là d’une nouvelle atteinte à la laïcité, au vivre-ensemble et aux valeurs républicaines. La municipalité doit condamner fermement ces agissements et s’engager à assurer la liberté d’expression à Saint-Denis.

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