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Billet de blog 31 mai 2013

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EUGENISTES, ENCORE UN EFFORT (AVANT DE FAIRE DISPARAITRE L'HUMANITE) !

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7. Le mariage pour tous, une loi qui pue le lobby 

ou

Le chapeau de Kossuth

ou

Le retour de l’éléphant-tortue

    Il n’y en avait pas un pour défendre la vérité. Ils ne faisaient que se réunir comme d’habitude, s’appuyant les uns sur les autres et, tous ensemble, sur rien du tout ;  un peu comme les Hindous disaient que le monde repose sur un éléphant, l’éléphant sur une tortue, la tortue sur un serpent, et qui n’avaient plus rien à mettre sous le serpent. Comme fruit de tout ce remue-ménage nous avons récolté le chapeau de Kossuth !

Henry D. Thoreau, La vie sans principe, 1854.

E.-T. … Un Extra-Terrestre ? Pourquoi pas un Eléphant-Tortue ?

Si on m’avait dit qu’il devait ressortir un jour... Disparu depuis plus longtemps que Sôhrawardi…  Neptunien… Révolution au long cours !... En débarquant à Roissy j’avais l’impression plus forte qu’à l’aller d’une planète investie.

L’éléphant-tortue… Il ne manquait qu’une indication astrologique pour déduire le jour et le lieu de sa réapparition-disparition.

C’était donc lui qui m’avait envoyé ce rêve ?

Mais je m’égare dans les méandres d’un roman disparu…

Qu’il advienne ce qu’il doit advenir de J. K. Sprite entre vie et mort depuis trente-sept ans sur un fleuve d’Amazonie, dans le bardö du yahé à la recherche de son antonyme Jeff  - allégé quant à lui du poids de sa vie devenue un cancer par un cocktail ad patres à l’objectif astral imprécis (avec quelles conséquences pour son esprit ?)…

Je comprenais mieux quant à moi pourquoi les députés de gauche criaient si fort « Egalité ! Égalité ! » au moment le plus médiatisé du vote sur le mariage gay. Habitués des Allers Retours Paris-New York aux frais de la princesse, ils avaient été hautement briefés.

Sans doute ne leur avait-on pas tout dit. Pas plus qu’entre 1940 et 1945 aux fonctionnaires de Vichy. Infatués d’eux-mêmes comme le sont souvent les politiques, ils croyaient tout savoir sans avoir vu le fond du puits.

Le fait est qu’une petite dose homéopathique de nazisme par voie onirique remet les pendules du futur à l’heure.

Le lobby, d’autant plus insoupçonnable d’eugénisme, qu’il poussait au mariage des homosexuels, objets de ses persécutions pendant la dernière guerre, tout le monde pouvait le voir en 2018. De A à Z, cette affaire de mariage pour tous, c’était une manipulation à la Monsanto.

Les lois pro-OGM que ces gangsters avaient réussi à faire passer en 2013 leur donnaient la propriété exclusive des graines qu’ils modifiaient pour les rendre stériles, tout en criminalisant le libre usage des graines « non brevetées ». A terme, cela signifiait le contrôle de l’alimentation de toute l’humanité.

Mais ce n’était qu’un pas vers la conquête du pouvoir mondial.

Avec la légalisation de la procréation artificielle c’était le contrôle de l’humanité elle-même qui était visé dans sa capacité de se reproduire ; avec à terme la criminalisation de la procréation naturelle au profit des multinationales détentrices du monopole de la manipulation génétique présidant à la fabrication des êtres humains en série.

Ce n’était pas seulement le même esprit, la même mouvance, la même organisation. C’étaient  les mêmes gens, les mêmes gangsters - les mêmes Snopes, aurait dit William Faulkner. Et leurs complices dans les Etats aussi étaient les mêmes, à droite comme à gauche.

C’était le même complot.

Non moins que la finance infiltrée dans les ministères, l’instrumentalisation du mariage à des fins de contrôle génétique avait mis en lumière la colonisation des Etats par des  groupes de pression aux mains d’un seul et même lobby.

Délire, dira-t-on. Cauchemar de science-fiction.

Peut-être. En attendant, on n’a pas fini d’en voir de belles… Pour rester dans le futur proche, on peut s’attendre à voir se produire un effet pervers de l’offensive ayant abouti à l’instauration d’un même mariage pour ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas avoir des enfants par la voie naturelle.

Le libéralisme sociétal n’est que la vitrine du libéralisme économique. Comme telle, il en exprime l’idéologie dans une image séduisante qui est l’inversion de sa réalité oppressive.

L’égalité est une fiction dans une société inégalitaire. Le premier effet de la pression égalitaire, dans une telle société, n’est pas d’égaliser les différences, mais de renverser les hiérarchies.

En application de  cette logique « révolutionnaire », la valorisation du mariage homosexuel s’accompagne de la dévalorisation de la relation entre sexes complémentaires. Cette dévalorisation se produit sur quatre plans : sur le plan sexuel (par la valorisation du plaisir dissocié de la procréation et par la dévalorisation de la différence sexuelle), sur le plan de la procréation (par la valorisation des moyens artificiels crédités de performances supérieures à la procréation naturelle), sur le plan de la relation constitutive de la cellule familiale (par la prétention du couple homosexuel à former une famille « techniquement » et « historiquement » meilleure que la famille traditionnelle), sur le plan moral enfin (par la prétention du mariage homosexuel à être porteur d’une liberté synonyme de démocratie, de modernité et de progrès, par opposition mariage traditionnel tenu pour caduc et ses défenseurs pour réactionnaires).

Cette quadruple dévalorisation n’a pas seulement pour conséquence d’exproprier la relation entre personnes de sexes différents de la position où elle suffisait à lier entre eux ces quatre plans jusqu’alors ; elle en est expropriée par la dénonciation même de son insuffisance ; et elle l’est selon la technique de l’ « entrisme » caractéristique d’une certaine obédience révolutionnaire.

Basée sur la cellule père-mère-enfant, la famille traditionnelle est un système triangulaire ; ce système fonctionne et se reproduit naturellement. Basée sur le parallélisme d’une relation stérile à laquelle l’enfant ne peut être ajouté qu’artificiellement, la cellule familiale homosexuelle ne tient pas par elle-même.

La  victoire légale de ses militants acquise, à quoi les défenseurs du mariage triangulaire vont-ils se raccrocher, contraints au nom de l’égalité à composer avec un parallélisme qui en bouleverse toute la structure ? Quel nouveau champ investir, libres de cohabitation forcée, où se retrouver entre eux maîtres de leurs valeurs ?  La question est ouverte.

Elle a un autre versant.

La supériorité que la loi accorde à une relation que les traditionnalistes estiment inapte à dicter la norme, ne risque-t-elle pas d’entraîner la criminalisation de relations considérées jusque-là comme licites ? Devenues objets de haro, tel le baudet de la fable, ces relations ne vont-elles pas servir de repoussoir pour monter en épingle la nouvelle « honorabilité » homosexuelle ?  

Dès lors que des relations qui n’avaient pas besoin d’être stigmatisées pour qu’on s’accorde sur leurs limites auront été érigées en parangons de la société nouvelle, des condamnations réductionnistes, comme celle qu’on a vu pratiquer dans l’amalgame « anti-mariage pour tous = anti-homo », pourraient bien élargir le champ de la « criminalité ».

Dans de telles conditions il est à craindre que l’Etat ne se livre plus que jamais au flicage des intimités.

Dans le même temps on peut s’attendre à ce qu’il devienne « obscène » dans certains milieux d’évoquer ses ascendants, et d’une manière générale tout ce qui concerne la famille biologique. C’est déjà en route - en attendant le changement, qui parait inévitable, de régime politique, qui fera porter aux homosexuels, par retournement de l’amalgame axiomatique « anti-mariage pour tous = anti-homo », le chapeau d’une répression anti-libertaire.

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